Présentation

  • : Je suis né à La Chaux-de-Fonds le 24 février 1956 . J'enseigne le français, la philosophie et l'histoire de l'art au Lycée Blaise-Cendrars. Je suis conseiller général socialiste depuis 2004
  • danielmusy
  • : 24/01/2007
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20 mois de blog

Blog créé le mercredi 24 janvier 2007, après la conférence de presse du Conseil d'Etat neuchâtelois sur l'avenir des Montagnes neuchâteloises. Date peut-être historique d'un déclin annoncé ou d'une réaction politique et citoyenne qui refuse d'abdiquer ?

Le blog s'est interrompu le 19 octobre 2008 pour une pause sabbatique de 10 mois.

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Un blog politique ?


Un bien grand mot pour ces billets qui ont paru depuis 20 mois. Ils vous ont permis de connaître mes interventions au Conseil général et certaines réflexions plus personnelles sur la marche et la vie de La Chaux-de-Fonds, ma cité.


Un blog politique,
alors oui, dans le sens noble de
politique !

A bientôt peut-être en septembre 2009 après mon congé sabbatique.

Eduardo Chillida, l'immense sculpteur basque (1924-2002) a vers la fin de sa vie créé des sculptures en granit dans une série appelée Escuchando la piedra (En écoutant la pierre).
D'un bloc de granit, Chillida fait une oeuvre.




Extrait du catalogue du Musée Chillida de San Sebastian :

Observez attentivement le matériau, touchez-le et essayez de percevoir les différentes textures : vous découvrirez qu’il a une texture granuleuse due à la présence de différents minéraux. (...)

Sans doute aurez-vous découvert les formes irrégulières à l’extérieur et la rugosité du fini, qui donnent un aspect très naturel à la pierre. Eduardo Chillida travaillait les matériaux, extraits de la nature, avec un très grand respect et il s’efforçait de dialoguer avec eux au lieu de vouloir les soumettre totalement.
Cette idée conditionnait le choix même du matériau. Nombre des sculptures furent réalisées à partir de blocs en provenance d’Inde, où le matériau est extrait par un procédé d’exfoliation : les marques blanchâtres des angles, correspondent aux cales en bois que l’on introduit dans les fentes naturelles de la pierre. Le bois est arrosé et, en s’humidifiant, il gonfle jusqu’à briser la pierre, mais en en respectant la structure.

Le naturel de l’extérieur contraste avec le travail de l’intérieur, où l’on distingue clairement la main de l’artiste. Le granit est l’une des pierres les plus dures présentes dans la nature, d’où la nécessité pour l’artiste qui souhaite travailler ce matériau d’employer le marteau hydraulique pour réaliser les ouvertures et, pour les derniers polissages, un outil à base de diamant.

 


Dans la perspective de la création d'une seule entité muséale et comme je l'avais annoncé, je vais examiner les blocs en présence et montrer comment on peut les faire s'exprimer, prendre forme, comment ils le peuvent aussi par eux-mêmes, ce qu'une pierre ne peut.

Comment, en suivant le fil conducteur des méandres de leur pesanteur, on peut les alléger, comment ils peuvent tenter eux-mêmes de prendre leur envol pour la réalisation de l'oeuvre finale. "Connaître le matériau et par conséquent sa résistance est une tâche à laquelle aucun artiste ne peut se soustraire" écrivait le philosophe Gomez Pin, ami de Chillida.







Précisons d'emblée que la charte du projet RIMUS a été esquissée par le Conseil communal (CC) aux quatre commissions réunies dans le salle de l'Hôtel de Ville le 6 juillet 2007. En janvier 2008, elle a été signée par les conservateurs, Francine Evéquoz,  cheffe de projet (FE) et les membres du comité de pilotage (COPIL) : Jean-Pierre Veya (JPV), Laurent Kurth (LK), Pierre Hainard (PH), Jean-Daniel Jeanneret (JD) et Ioana Niklaus (cheffe du personnel communal, IN). Son objet était de "formuler un concept pour la création et la réalisation d'une entité regroupant les 3 musées du parc et le cas échéant le institutions zoologiques".

Les blocs en présence sont au nombre de 4 :
- le bloc de basalte Conseil communal
- le bloc de marbre COPIL
- le bloc de granit Francine Evéquoz
- le bloc de lave des musées


Le bloc 1 : le bloc de basalte Conseil communal

Ce bloc met en jeu le motif de la gouvernance. Un principe semble avoir guidé le CC : ne pas s'appliquer à soi ce qu'il voudrait que les autres appliquent à lui. Il a agi avec les conservateurs et les commissions comme il ne voulait pas que le Conseil d'Etat agisse avec lui. Rappelons quelques phrases du communiqué de presse des communes neuchâteloises : "Le report des charges est inacceptable parce qu'aucun processus d'échanges et d'informations entre l'Etat et les communes n'a été mis sur pied au préalable. Il reflète un mode de décision et de communication que les communes ne peuvent plus accepter de la part de l'Etat (...) Il est inacceptable car il ne correspond absolument pas à l'esprit de concertation annoncé par le Conseil d'Etat entre les différents partenaires dans le cadre du RUN."

La pesanteur inerte et contre-productrice (dans les rapports CDF-Canton, CDF-Le Locle) de ce basalte-là peut se résumer à un syndrome inédit : le syndrome de la flagellation. On est flagellé, on flagelle et on s'auto-flagelle. C'est le CC en martyr martyrisant.

Comment alors donner forme à cette pierre d'achoppement, cette masse syndromisée qu'est notre exécutif ? Il faut, et il a l'a partiellement compris dans la pénitence de la conférence de presse du mercredi 8 octobre : revenir à l'écoute et au dialogue mais aussi éviter de se poser en victime mal comprise. Que le CC construise l'oeuvre muséale en abandonnant la structure pyramidale au profit d'une création plus participative. Ou alors, s'il aime les obliques, qu'il les trace entre l'horizontal et le vertical. Comme Chillida que vous voyez au-dessus, avec ses blocs en dialogue.


Le bloc 2 : le bloc de marbre COPIL
J'ai le privilège de connaître Laurent Kurth depuis 25 ans et Jean-Pierre Veya depuis une quinzaine d'années. C'est dire que leur état marmoréen ne m'est pas caché. Formé en outre de Pierre Hainard, conseiller communal UDC, le COPIL compte aussi la présence de l'architecte du patrimoine Jean-Daniel Jeanneret et la cheffe du personnel communal Ioana Niklaus. JDJ a occupé pendant quelques mois un 20% de poste comme delégué culturel lié aux musées après le départ de Hughes Wulser. Désespéré par l'attitude  peu sculpturale du MIH et du MBA, il a démissionné pour se consacrer à l'inscription Unesco

Eprouvons donc le poids de ces masses pierreuses en commençant par le Président du Conseil communal, président du COPIL et chef du dicastère des Affaires culturelles, Jean-Pierre Veya.

La pierre Jean-Pierre
En lui, la matière résistante, c'est ce que j'appellerais l'opacité de la transparence et la transparence de l'opaque.

Humainement magnifique, un homme au grand coeur, JPV veut être souvent si transparent qu'il oublie parfois de l'être vraiment. Il s'enfonce dans la glaise de l'opacité. Ainsi c'est lui qui n'a même pas informé les conservateurs du calendrier retenu pour porter RIMUS sur les fonts baptismaux (séance de présentation au personnel le vendredi 26 septembre suivi d'une conférence de presse). Lada Umstätter a appris par une journaliste de L'Impartial qu'il y avait ce point presse. Il a fallu une réaction énergique le mardi 23 de Catherine Corthésy, présidente de la commission du MBA, pour que les conservateurs, dans l'heure qui a suivi, soient informés.

Pis encore, la déléguée aux Affaires culturelles, Daniela Agustoni Steiner, n'a nullement été consultée ou associée. Elle a reçu RIMUS le vendredi de la conférence de presse. L'annonce de postulation du CC (29 juin 2007) indiquait pourtant que le directeur des musées devait collaborer avec la déléguée culturelle. A force d'être opaque avec Daniela, JPV a fini par la blesser aussi.

La transparence de l'opaque, c'est l'autre pesanteur de JPV : quelles limpidité, netteté, sincérité, évidence de ses contradictions, les siennes comme d'ailleurs celles de tout le CC. JPV jure que le CC ne sera jamais ni Jdanov ni Goebbels et pourtant il a osé une intrusion politique dans les choix culturels du MBA, suprême contradiction non dialectisable.

Cet exemple est cruel pour JPV et le CC : lors de la commission du MBA de fin août, Lada U., en vain soutenue par les commissaires, n'a pas pas eu le feu vert pour organiser en 2010 une exposition rétrospective de Claude Loewer, le maître neuchâtelois de l'abstraction du XXe siècle. Ce n'était pas le moment, il fallait que le CC ait une vision globale des autres expositions et patati et patata. Du jamais vu pour nous, les commissaires bénévoles depuis des lustres.

Cet épisode est une parfaite et véridique (tant pis cette fois pour le secret de fonction des commissaires) illustration de ce que la directrice des musées aurait pu imposer si le CC n'avait pas fait marche arrière : le planning des expositions, leur choix en fonction d'une sombre stratégie méconnaissant absolument le contexte culturel. Quel gâchis !

JPV peut se transformer, la pierre peut se sculpter : prendre en charge la direction du projet vu son moins grand nombre d'activités depuis qu'il ne s'occupe plus de la gestion de l'hôpital. En réunissant les conservateurs au moins une fois par semaine une heure dans son bureau, autour d'un café-croissant, il peut diriger en déléguant, être enfin net, clair, avec l'autorité qui lui manquait  jusqu'à ce jour, parce que je soupçonne que c'est un popiste pour qui la notion d'autorité est suspecte. Il a reconnu lui-même que le "processus participatif" qu'il avait initié avec les musées avait échoué et c'est une des raisons qui a poussé le CC à choisir la voie d'une cheffe des musées. On voit l'impasse dans laquelle il s'est fourvoyé.


La pierre Laurent
Je connais LK depuis 25 ans, depuis 1983 où il était dans ma première classe  de maturité à l'Ecole de commerce. La visite de l'exposition des monochromes d'Olivier Mosset l'a peut-être heurté durablement, le fait est que sa pierre d'achoppement, cette matière encore difficilement sculptable par lui (et pour lui par les autres), c'est l'autoritarisme gestionnaire, la rhétorique politicienne et la précipitation. En bon calviniste, il est toujours prompt d'ailleurs à reconnaître ses pesanteurs. C'est pour cela que je l'estime.

Qu'un socialiste veuille, presque 100 ans après l'affaire L'Eplattenier, remettre un peu d'ordre gestionnaire dans ce monde artistique et culturel, voilà ce qui n'a pas surpris Raymond Spira dans une éclairante contribution au blog sauvonslesmusees. Passons.

LK est un excellent politicien, produit d'une veine marmoréenne éprouvée : le socialisme à la sauce neuchâteloise, touillée par la cuillère en bois qui flatte la langue. C'est ainsi parfois, hélas, la politique politicienne, la rhéthorique pour la rhéthorique parce qu'il faut bien dire quelque chose, parfois aussi l'entêtement (le vice de l'obstination) qui finit par figer la pierre. Le rapport "n'est pas le meilleur que le CC ait produit ces dernières années" nous écrit Laurent. Sublime litote qui écrase tout envol de la pierre. A la question de savoir si, comme le voulait la postulation, FE a "un esprit d'équipe et de concertation marqué", LK répond à L'Impartial le 27 septembre : "C'est un des points sur lesquels Madame Evéquoz nous a convainus". Dans un journal satirique, on retiendrait cette mémorable allégation comme le franchissment du "mur du çon".

LK est aussi impulsif et il se précipite parfois dans les bras des pierres qui noient : interview fracassante accordée à Léo Bysaeth sur les méthodes du Conseil d'Etat (et, singulièrement, de Jean Studer), courrier électronique adressé le dimanche 5 octobre aux membres de la section PS, immédiatement smashé en retour par la contribution de Jean-Martin Monsch, ancien Conseiller communal responsable des affaires culturelles de 1988 à 2000.

Les effets négatifs de ces pesanteurs rocheuses sont un éloignement préoccupant de la réalité du terrain, des femmes et des hommes qui travaillent, des citoyens. C'est le syndrome de la tour d'ivoire (Espacité), très semblable au syndrome du château. Ces effets négatifs sont :
- une perte d'influence cantonale de la Ville et de son conseiller communal,
- des perspectives inquiétantes en vue du maintien du second siège socialiste en 2012,
- un accroissement des difficultés relationnelles avec Le Locle sur le dossier Unesco si on continue de fonctionner avec l'esprit du fils supérieur à sa petite Mère,
 - une "lumière peu avantageuse jetée sur une ville candidate à l'Unesco" (cf lettre de l'ICOM au Conseil communal du 13 octobre)
LK sort écrasé de l'aventure par sa propre masse. "On s'est planté" a dit un membre du CC. Je dirais plutôt qu'il n'avait jamais fait prendre l'air à son marbre.

Il s'agit donc non de donner l'illusion qu'on se relève après l'éboulement de soi mais de mettre en forme dans la sculpture de sa propre pierre (la sculpture de soi chillidienne) les valeurs humanistes et socialistes sur le rôle et le sens de la culture et de l'art  :
- la culture émancipe et élève l'esprit, même et surtout quand elle dérange;
- "l'élitisme démocratique" (la formule est d'Antoine Vitez) : l'exigence sans concessions mais ouverte à tous (par l'éducation, l'accès facilité aux oeuvres et aux lieux culturels);
- la culture n'a pas à être uniquement "rentable sur investissement";
- la culture est un fertile contre-pouvoir dans une démocratie qui doit assumer ce paradoxe de financer des productions susceptibles de la contester.

Je sais que LK creuse sa propre forme constamment, qu'il est le premier à dire qu'on est parfois "aveuglé au point de ne plus être capable d'être critique au nom de certaines valeurs et de certains modes de pensée". "Cela blesse notre électorat et nos militants" et c'est insupportable pour un socialiste. "Quand on accepte d'être l'autorité, il se peut qu'on dérape, c'est un risque et quand le parti n'ose pas ou n'a pas le pouvoir de dire qu'on dérape, c'est grave."

Voilà qui est dit par moi !




Je connais moins ou même quasiment pas les autres pierres.

Jean-Daniel Jeanneret (Jidé), est architecte plutôt que sculpteur, il maçonne ou démolit les positions du COPIL, je ne sais. Il est sans conteste l'homme de l'ombre, de la discrétion, voire même du silence. Là se marque sa pesanteur, là est la résistance du matériau jidesque. Qu'allait-il faire dans cette galère, lui, l'émérite et infiniment respectable scientifique formé dans une prestigieuse école française de conservation du patrimoine architectural, l'Ecole de Chaillot ?

Tailler dans le vif du moi, c'est au plus vite assumer son engagement de scientifique et expliquer pourquoi RIMUS est intellectuellement indéfendable. D'autres l'ont dit sur le blog sauvonslesmusees. A JD de faire parler la pierre qui est en lui, sans donner trop de coups de perforatrice. Je l'estime beaucoup et, comme il me l'a récemment dit, je ne suis pas loin de penser que l'hystérie ambiante et la confusion générale ne sont pas favorables à l'avenir des musées. Je comprends qu'il veuille préserver à tout prix la place du patrimonial dans les musées, dans la perspective de l'inscription au patrimoine mondial dont il est le bâtisseur. Et j'ai mesuré combien les pesanteurs de certains musées dans l'organisation de Mon beau sapin l'ont agacé, sinon blessé.

La pierre Hainard, il m'est difficile, sans que cela soit pris comme une attaque bassement politicienne, de dire ce qui la plombe : une idéologie anti-intellectuelle et anti-culturelle, une vision trop "rentabilité sur investissement" ? Je lui fais cependant crédit, lui qui voulait fermer un musée, de se battre pour eux tous. Dans le désert UDC, c'est un Pierre qui marque le paysage.

Je ne dirai rien sur Madame Ioana Niklaus.



Le bloc 3 : le bloc de granit Francine Evéquoz
Le but premier du rapport RIMUS est annoncé en page 9 : "le CC a confiance dans le travail qu'a fourni la personne nommée et veut lui donner aujourd'hui la légitimité dont elle a besoin, convaincu qu'elle saura posr les bonnes questions et trouver, avec celles et ceux qui doivent former progressivement son équipe, les bonnes solutions."

Selon moi, la légitimité d'un-e chef-fe de service est triple.

a) une légitimité institutionnelle, sanctionnée par le vote du budget de la Ville. Le Conseil général est souverain pour supprimer un poste ou exiger la création d'un autre; en général ces questions se traitent en commission financière, chargée de préparer un rapport pour la séance de décembre consacrée au budget. Je sais de quoi je parle puisque j'ai présidé cette commission de septembre 2007 à avril 2008. Elle doit aussi, à travers des sous-commissions internes (3 membres pour chacun des dicastères), contrôler le bon fonctionnement des services. Depuis les élections je fais plus partie de cette importante commission (pour des questions compréhensibles d'auto-récusation), ce qui me donne paradoxalement plus de liberté de parole et d'action : je ne sais pas aujourd'hui si je voterai le budget 2009.

b) une légitimité de compétence, le savoir-faire professionnel nécessaire à l'exercice de la fonction. Pour mémoire évoquons le cas de la directrice de la Bibliothèque de la Ville qui avait succédé à Fernand Donzé : son passage fut de courte durée.

c) une légitimité relationnelle, éthique pourrait-on dire, qui s'ouvre au savoir-être : comment le chef de service se comporte et agit avec ses supérieurs et ses subordonnés.



a) La légitimité institutionnelle
Commençons, sans vouloir du tout faire de la provocation, par défendre la légitimité institutionnelle de FE. Le CC a décidé la création de ce poste en juin passé et le Conseil général l'a accepté tout en trouvant cependant peu défendable qu'il soit réparti sur le buget du personnel de chaque musée. Vous pouvez consulter les extraits du PV du Cg du 13 décembre 2007 en cliquant ici , en ouvrant le document Le procès-Verbal  et en lisant les pages 11, 26 et 104. On peut supposer que le budget 2009 créera une ligne budgétaire propre au poste si le CC s'aventure (au risque d'être écrasé par sa masse marbrée) à le maintenir comme tel: on saura ainsi exactement combien on dépense pour ce poste de haut fonctionnaire.

FE, de surcroît, a toujours été claire sur deux points. Peut-être, disait-elle au début 2008 dans une séance de la commission culturelle où je siégeais, que "mon rapport montrera que mon poste est inutile". Elle l'a redit dans L'Impartial mais ce n'est pas l'impression dominante de RIMUS qui sabre le mousseux toutes les trois pages pour FE. Il est injuste de dire que FE a construit son rapport à sa propre gloire; c'est assurément la patte d'un scribe ou correcteur du CC.

Secondement, FE a vite compris que les conservateurs étaient "exploités" (terme utilisé par elle lors de cette fameuse commission culturelle). Ils font de tout : ils "conservent" (responsables des collections, proposant des acquisitions, organisant ou concevant des expositions), surveillent que les nettoyages sont bien faits, engagent des vacataires de surveillance et d'accueil, achètent du fromage pour un vernissage, se lèvent à 2 h. du matin quand il y a une fausse alarme et que leur concierge est en vacances. On est donc bien d'accord qu'une profonde réorganisation des musées est indispensable pour rationaliser les tâches et permettre surtout aux conservateurs du MBA, du MHNC et du MH, d'exercer mieux ce pour quoi ils sont formés.

Disons-le aussi, ce rapport contient quelques bonnes pages, fruit d'un travail de fourmi exploratrice et d'observation sur le terrain. Tous les membres du personnel ont été auditionnés par FE qui a la meilleure vision globale que le CC ait jamais eue à sa disposition. L'identification des améliorations possibles dans le secrétariat, la communication, les activités pédagogiques, le "service aux visiteurs", la gestion du personnel est assez bien pointée. Jusqu'ici le CC ignorait tout de cet univers protéiforme.

Toutefois, premier hic, première veine de résistance dans le granit, le rapport prétend aussi donner des recommandations dans la gestion des collections, la recherche scientifique, et même dans le choix des expositions. Le "politique" - nous, les commissaires et les élus -  s'attendait et espérait toute autre chose, une plus grande limitation des attributions de la cheffe, un poste administratif.  C'est le débat qui déchaîne les passions depuis presque un mois, la prétendue intrusion du "politique" dans le "culturel", alors qu'elle a toujours existé puisque les musées sont des institutions publiques (cf mon article Goya et la lettre de l'ICOM et AMS)

Encore faut-il garantir la liberté culturelle du conservateur. Il doit proposer et choisir avec la légitimité scientifique qu'on lui reconnaît. S'il veut acheter un Mosset plutôt qu'un Kaiser, que a commission le suive, de facto le CC ! 

Terminons ce tour de piste des quelques bonnes lueurs de FE  en évoquant ses remises en question assez toniques de fausses vérités. Il n'est pas aberrant d'imaginer que la partie administrative commune des musées soit en dehors d'eux. L'immeuble communal Musées 24, à rénover, serait le lieu idéal. Il est admissible aussi de critiquer le thème fédérateur du temps, dont j'ai une fois parlé.

Bref, en décembre 2007, dans le rôle de cheffe de projet d'une refonte administrative, FE avait une légitimité institutionnelle même si Nicolas Babey, dans L'Impartial du 17 octobre, pense qu’il était exclu que la personne qui mène [les] entretiens soit la supérieure hiérarchique des acteurs concernés.

b) La légitimité professionnelle et de compétence

On a beaucoup médit et glosé sur FE depuis novembre 2007. Avec les 108 pages de RIMUS, rédigées presque en totalité par FE, on peut porter un jugement. Devant nos yeux, nous écrasant de leur masse hiératique, quatre grosses pierres de résistance, granit brut(al), nous (l') écrasent.

La première pierre brut(al)e relève de la responsabilité du CC et de JPV en particulier, d'avoir voulu que FE fasse "un arrêt sur image" sur les musées. A ce titre, la séance de la commission du MBA, le 9 janvier 2008, fut anthologique. FE, soutenue mordicus par JPV, nous a asséné qu'elle avait " le droit de tout penser ". "Pour des idées nouvelles, il faut être libre" : grande profondeur philosophique qui a fait sursauter la présidente Corthésy. Et toute l'histoire du MBA ? J'ai bien essayé de montrer qu'il n'y a pas de liberté sans contrainte, rien n'y a fait. Cette illusion totale de la liberté sans contrainte, sans savoir comment  et vers quoi ou qui on tournera la caméra a évidemment produit des monstruosités, des erreurs. Catherine Corthésy avait d'ailleurs eu ces mots prémonitoires le 9 janvier 2008 : "Quand on ne sait pas vers quoi on va, on se fait des fantasmes sur les choses."

La deuxième pierre brut(al)e est la méconnaissance complète de la réalité culturelle chaux-de-fonnière, effet de la pensée vide de contrainte. Un exemple criant : ce n'est que très récemment, début septembre, que FE a cru utile d'avoir un rendez-vous dans le cabinet du docteur Claude-André Moser, président de la Société des Amis du MBA et nouveau conseiller général radical. Elle ne connaissait pas précisément la convention essentielle liant notre société des amis et la Ville. ! Qu'a-t-elle fait alors pendant 10 mois? C’est vrai qu’elle affirme que le musée doit être un "lieu vivant qui ne regarde pas vers le passé mais vers le futur". Madame Evéquoz, la SAMBA possède une grande partie des collections du MBA, fruit d’un très long passé et dans un futur proche, si le CC et vous-même persistez dans la volonté de mettre au pas le MBA, eh bien, nous réagirons.

Droit de tout penser, droit de tout dire : le dérapage est vite arrivé qui fait peser sur nous la troisième
pierre brut(al) de FE : sa méthode de travail. Ethnologue de formation, elle met en avant le savant concept ethnologique d'observation participante, chère aux "situations typiques d'une enquête ethnographique sur le terrain." Cette position, en soi pertinente, aurait pu être productive et enrichissante mais chacun sait que Claude Levi-Strauss n'est jamais allé dire aux papous  qu'ils avaient des moeurs sexuelles rétrogrades. FE ne parvient jamais à rester objective, à la bonne distance de la réalité qu'elle observe. Pourtant, elle devrait savoir que tout "travelling est affaire de morale", comme disait Godard. Elle a, c'est ici la plus incompréhensible négligence du COPIL, pu laisser dans le rapport une partie strictement personnelle de plusieurs dizaines de pages. Un vrai brouillon de "liste de projets et extraits de discussions depuis 40 ans". Rien que le titre laisse entendre qu'on a blablaté huit lustres sans rien foutre de concret dans cette petite ville de merde. FE a pu sans vergogne et avec la bénédiction du COPIL et du CC fouiner dans des procès-verbaux de discussions internes aux commissions ou même dans les PV du CC. Claudine Stähli a eu les justes mots d'indignatrion sur ce laisser-faire. A côté de ce fouillis de citations déconnectées de leur contexte, indigne d'un lycéen, une seconde colonne de "commentaires" où notre ethnologue devient moraliste, bien pire, juge et coupeuse de têtes : la pierre lapidante. C'est le glissement de l'objectif vers le subjectif, rien de moins scientifique.

Premier exemple, à la page 57 où notre donneuse de leçons cite une réflexion faite sur le rôle du MH: « Contribuer à une meilleure compréhension de l’histoire de notre région; stimuler la réflexion sur des sujets d’actualité en apportant un éclairage historique; participer à la vie sociale et culturelle d’une région"
Commentaire de FE : Le musée participerait à la vie sociale et culturelle d’une région. Mais il n’y a pas d’explication comment et avec quels moyens ni ce que veut dire participation à la vie sociale. Pas d'explication supplémentaire, seulement une affirmation gratuite faisant fi du travail du MH depuis 27 ans. Modestement, il a conçu d'innombrables expositions avec des acteurs sociaux de notre cité : partis ou groupes politiques, communautés religieuses, associations sportives et culturelles, syndicats, collectionneurs et j'en passe. Un modèle d'action sociale d'une institution culturelle très limitée dans ses moyens.

Second exemple, à la page 79 où FE cite un extrait d'une discussion au Conseil général, en avril 2004 sans dire qui parle (un conseiller communal, général ?) ni dans quel contexte, du pur copier-coller : "Notre ville a effectivement la chance de posséder des institutions culturelles de très haut niveau qui sont reconnues par leur qualité, non seulement en Suisse, mais bien au-delà de nos frontières. Nous avons un magnifique parc ainsi que trois musées d'une valeur importante, qui présentent tous les trois un aspect culturel et surtout un aspect architectural"
Commentaire de la pierre brute:  "répétition de vérités dont la véracité n'est pas prouvée. La Chaux-de-Fonds est en ligue B et pas en ligue A au niveau des musées".
La métaphore sportive en dit long sur le rôle d'un musée; en cautionnant ce type d'arguments, le CC dévalorise ses propres institutions dans la perspective d'une vision concurrentielle. Je n'ai pas entendu parler le CC ainsi à propos de l'hôpital.

Parlons encore de l’interview à L'Impartial du samedi 27 septembre où FE affirme : "Tout ce que l’on produit aujourd’hui sera le patrimoine de demain. Que garder? On doit se poser la question. Est-ce à un conservateur, tout seul, de décider? Ou pourrait-ce être un choix de la collectivité? Cela ne veut pas dire qu’on devient stalinien!". Autrement dit, c'est le CC, en vertu de choix politiques sur la valeur du patrimoine à conserver, qui dira s'il est plus juste de dépenser 10'000 francs pour un monochrome d’Andreas Christen ou pour une toile réaliste d'un peintre local. Voilà ce que serait, avec une directrice comme FE, l'intrusion concrète du politique dans le culturel. Et que le CC ne vienne pas nous dire qu'on a mal compris son rapport puisque c'est FE qui parle.

4) Le dernier de mes coups de marteau sur cette pierre brut(al)e  (qu'elle  aura de la peine à s'alléger et s'ouvrir comme les Chillida !) a trait à ce que j'appelle la choucroute conceptuelle de FE, en certaines occasions.

Exemple 1, page 55 : "On parle aussi d’éthique des collections. Il faut respecter les donateurs, affirme un rapport que FE cite. Cela signifie qu’un donateur exigeant, par exemple Madame Junod, que sa collection soit en permanence exposée, doit être respecté dans ses voeux.
Commentaire fumeux de FE : "On parle d’éthique des collections – mais pas d’éthique pour atteindre les visiteurs, pour plaire au public, pour atteindre de nouveaux publics. Ici à nouveau, on sent une grande tragédie, il faut respecter les donateurs. Mais il n’y a pas de stratégie de donation (pour ne pas blesser les donateurs), finalement on donne le pouvoir aux donateurs et ce sont eux et pas les musées ou le politique qui prennent les décisions." La choucroute est suffisamment garnie pour se passer de mes commentaires.

Exemple 2, page 97 : "Le public n’est pas la préoccupation des musées de CDF alors que les musées ont une mission publique".
La mission publique des musées n’est pas seulement d’attirer du public mais aussi de conserver le patrimoine. La confusion entre le nom et l'adjectif est infantile.

A ce stade de mon analyse, j'en conclus que scientifiquement et méthodogiquement FE n'a pas la légitimité intellectuelle (au sens d'ailleurs du code de déontologie de l'ICOM) pour prendre la direction des institutions muséales. Un bloggeur a d'ailleurs fait une analyse sur ce sujet. Les effets désastreux du rapport, (donc de FE) dans les milieux culturels locaux et nationaux ternissent gravement l'image de La Chaux-de-Fonds, une ville éloignée des grands centres mais très pointue, exigeante, audacieuse dans sa politique culturelle jusqu'à ce funeste mois de septembre.

Il resterait donc, pour sortir de l'immobilité de la pierre, à savoir si FE serait d'accord de s’intégrer au «processus comme personne ressource, à l'instar d'autres acteurs » comme le suggère Nicolas Babey ou de se cantonner dans un strict rôle de gestion et de coordination administratives, elle qui, le premier jour de son entrée en fonction, le 1er novembre 2007, affirmait qu'elle "n'était pas là pour faire de l'administration." Ceci est un autre débat, politique.

c) La légitimité éthique et relationnelle
Le dernier bloc de résistance de FE, c'est son désir, dans le sens spinoziste. L'homme est un être de désir (bien sûr pas dans l’acception sexuelle). Pour le grand philosophe du XVIIe siècle, chaque homme doit persévérer dans son être, et conduire, c'est le sens de l'Ethique de Spinoza, sa vie pour générer, chez lui et chez les autres, de la "joie". FE, comme une pierre sous cloche, génère des "passions tristes" (terme spinoziste).

A-t-elle le désir de notre ville, l'aime-t-elle, a-t-elle du désir pour ses gens, les musées, ses subordonnés, ses collègues, ses chefs?

Il ne suffit pas d'être à l'aise dans un comité de pilotage pour qu'une haute fonctionnaire de la classe 15 (150'000 francs par an) soit légitime humainement et relationnellement . Les attitudes, postures, réactions, remarques de FE peuvent faire souffrir ou sont incompréhensibles, selon le point de vue où on se place : l'a-t-on vue lors de la nuit des musées, la voit-on lors des vernissages des musées qu'elle dirigerait, y excuse-t-elle ses absences, trouve-t-elle dans la "morosité" de cette ville une beauté, un esprit, un plaisir à vivre, fréquente-t-elle les lieux culturels, bref,  "habite-t-elle" cette ville ?

A elle de l'affirmer aux personnes qu'elle côtoie dans son travail, à ses collaborateurs, aux membres des commissions. Une seule question reste en fin de compte à poser à FE: avez-vous le désir de travailler pour cette ville, avec (et non contre ou au-dessus d’eux) les gens qui l’aiment ?

Comment, en conclusion, faire parler ce granit, comment ce granit peut-il parler pour qu’on puisse l’écouter ? Comment FE pourrait-elle donner une forme moins fermée à ses valeurs et à son désir ? Elle devra répondre ces prochaines semaines ou aura déjà répondu quand cet article aura paru. Aux autres acteurs du processus d’essayer de tailler, de creuser dans ces noeuds de résistance ou de distance à soi.

Je reste aujourd’hui, le 19 octobre, ouvert à ce creusage de la matière granitique  brut(al)e et me distancie de ceux qui demandent sa démission ou son largage. Il y en a beaucoup, avec des marteaux-piqueurs.


Le bloc 4 : le bloc de lave des musées
Mon texte est une éruption de soutien pour les musées et affirme que dans leur coulée et leur parcours depuis 2006, ils ont pris de la légèreté, sculpté une nouvelle image d’eux-mêmes. Deux conservateurs sont des nouveaux venus au tempérament volcanique.

Il y a eu par le passé beaucoup de blocs de résistance que nous examinerons, ils existent encore, moins figés que le CC l’imagine et nous allons esquisser comment ils ont été travaillés avec des ciseaux respectueux.

Fin septembre, les musées auraient pu entrer en résistance dans leur cratère, les conservateurs et leurs commission se mettant en burn-out institutionnel. Colère de feu qui les auraient consumés. Au contraire leur communiqué de lundi 6 octobre ("nous maintenons toute notre confiance dans notre Conseil communal qui a démontré à de nombreuses reprises son empathie et son respect de la personne humaine. Nous l’assurons donc de notre entière collaboration en souhaitant sincèrement que le dialogue sera rétabli afin de partir sur de nouvelles bases") est fin et modéré. L’empathie, le respect de la personne, le dialogue représentent tout ce qui leur a manqué et qu’ils désirent.

Comment est-ce que je vois, de l’intérieur où je suis à mon corps défendant, les blocages institutionnel, idéologique et psychologique de nos chers musées ?

Par « Musée », il faut entendre le conservateur, les commissions et les sociétés d’amis. Pour LK, cela fait quinze centres de décision pour la gestion de quatre musées en plus des avis donnés par la commission culturelle.

Quel mal à cela ?

Le CC technocratique est déstabilisé par cette pluralité de voix de passionnés et de bénévoles qui, au contraire, sont chacune des petits ciseaux taillant la pierre, modelant leur musée qu’ils aiment. Nicolas Babey définit magnifiquement ce qu’est un processus participatif :  "Cette démarche s'appuie sur trois postulats principaux. Ce sont des principes que l'on suppose acquis avant le démarrage du processus. Dans le cas des musées chaux-de-fonniers, on posera premièrement que les conservateurs, les collaborateurs et les membres des commissions connaissent mieux que personne la problématique générale des musées. Deuxièmement, on postulera que ces mêmes acteurs sont parfaitement conscients des qualités et limites des structures et sont porteurs de propositions, quand bien même elles peuvent être contradictoires. Enfin, et ce n'est pas la moindre des choses, on tiendra pour acquis que ces acteurs sont de bonne volonté".

RIMUS a nié, jugé, oublié, méprisé, blessé toutes ces bonnes volontés, et paradoxalement, les a encore davantage fusionnées : fusion de la lave en colère, fusion dans l’unité de la résistance au mauvais mousseux : champagne aux « Musées » !

Soyons pourtant critique sans voiler les résistances passées, propres à chaque musée.

Le MIH  était, et est encore une institution à 3 têtes (un « triumvirat », dit RIMUS de façon méprisante) et plus puissante, croit-elle, que les autres. Est-ce pour autant le droit de plus fort qui fait force de loi,
accompagnée d'un certain dédain à l'égard de l'autorité politique ? Que de fois le CC a dû lui dire son fait : le droit du plus fort de participer aux séances avec les 3 conservateurs (3 + 1 + 1 + 1), la nécessité, toujours pas respectée pour d’apparentes bonnes raisons financières, d’offrir la gratuité aux gens d’ici le dimanche matin toute l’année et pas seulement à la saison creuse. Apprendre la loi de l’égalité n’est pas facile pour la « Tate Gallery » de l’horlogerie et Claudine Stähli s’est employée plus d’une fois à lutter contre cette suffisance figée. Le MIH est venu progressivement à plus de considération envers les autres et a définitivement renoncé à une OPA massive et bloquante sur le MH dans lequel, en 2006, il proposait d’installer le centre administratif des musées et sa propre bibliothèque !

Le MBA sous Edmond Charrière, soutenu par une partie de la commission, a construit son parcours avec un purisme culturel qui craignait le politique comme la peste, d’où les innombrables conflits, toujours courtois d’ailleurs, qu’il a eus avec certains conseillers communaux et avec ces deux premiers présidents, dont moi. Cette défiance a fini par exaspérer. Lada Umstätter cherche également, parfois trop et avec quelques maladresses, à préserver son pré carré. D’un côté Charrière a parfaitement compris, sculpteur habile des dernières années de son mandat, qu’il fallait être plus stratégique dans le choix de certaines expositions « patrimoniales ». Lada, avec T’as vu chat, poursuit sur cette voie mais ne transigera pas si le « politique » veut faire du MBA un conservatoire du patrimoine uniquement.

Le Musée d’histoire naturelle (MHNC)  a profité et souffert en même temps de la figure patriarcale de Marcel S. Jacquat. L’initiale du second prénom dit psychologiquement tout de cette puissance rayonnante et solaire qui a parfois fait le vide autour d’elle, laissant trop dans l’ombre sa commission et sa société d’amis, surtout au moment où il aurait fallu avoir des appuis pour soutenir le très cher premier projet du Naturama à 14 millions. Son successeur, Arnaud Maeder, s'il témoigne des même compétences que son prédécesseur, n’est heureusement pas son fils spirituel. Sa compréhension des subtils mécanismes culturelo-politiques tranche avec la vision sans pitié que son prédécesseur avait et a encore du monde politique (cf sa très ferme intervention sur le blog sauvonslesmusees).

Le Musée d’Histoire (MH) a longtemps manqué de soutien et sa société d’amis n’existe que depuis 2000. Très active et dynamique, elle en fait bien plus que les autorités qui n’ont jamais proposé voté un crédit, même modeste, de rénovation ou d’amélioration de la muséographie. Cette faiblesse chronique du petit s’est sculptée progressivement en affirmation de soi sous-tendue par la perspective de l’inscription Unesco. Celle-ci rend incontournable la création d’un centre d’interprétation urbaine visant à montrer que l’horlogerie a une histoire humaine, sociale, culturelle et idéologique. C’est au MH de sculpter cette pierre.







Il est temps de conclure,
de fermer pour neuf mois ce blog-bloc
qui finissait par devenir pesant.

J’ai besoin d’un intervalle
sabbatique
dans la masse de mon quotidien …


J'irai vivre ici :





Que les prochains jours et semaines fassent passer
tous les blocs - basalte, marbre, granit et lave -
des monstruosités goyesques
aux écoutes chillidiennes.


Que l’entité se construise
dans les interstices qu’il faudra creuser,
dans les espaces possibles à ouvrir.

Que de l’air passe dans les masses.

Escuchar la piedra,
 écouter la pierre,
j’y crois encore
et vous offre,
en souhaitant vous retrouver peut-être en septembre 2009,
 ce diaporama chillidien.


Diaporama Escuchando la piedra :












En quittant lundi 6 octobre le cirque microcosmique chaux-de-fonnier, j'étais certes transpercé par les flèches de RIMUS mais réconforté par plusieurs prises de position matriarcales : celle de Claudine Stähli, celle de la Mère-Commune (dont fait état mon dernier article du samedi 4). Le choix de San Sebastian, sur la côte basque espagnole, s'imposait pour des transpercés. Faire le vide - le vrai sens des "vacances"- fut vite impossible. L'hôtel avait Internet, ma conservatrice de femme son portable, moi le mien.

Mercredi matin déjà était apparu sur le blog sauvonslesmusees la réaction de l'ancien conseiller communal socialiste, le camarade Jean-Martin Monsch avec lequel, pendant 8 ans de 1992 à 2000, nous avons "géré" le Musée des beaux-arts, lui conseiller communal, moi président de la commission de gestion. Géré dans le sens prévu institutionnellement dans notre ville, avec une commission qui a bien fonctionné (cf mon article "Le sommeil de la raison...").

Le piment - basque- de ce mercredi pluvieux fut le téléphone reçu à 12 h. 47 par ma femme. Devant le musée Guggenheim de Bilbao (sic), elle apprenait par Jean-Pierre Veya le retrait du rapport RIMUS. J'ai immortalisé la scène dans une petite vidéo dont Sylviane aura l'exclusivité des droits. J'en ris encore. Difficile, dans ce type de circonstances, de bien se concentrer sur les oeuvres exposées à Bilbao où dominent les sculptures gigantesques de Richard Serra (La matière du temps) dans une salle de plus de 150 mètres.

Le lendemain à San Sebastian, autre visite, plus essentielle même que Bilbao : le parc de sculptures et le musée Eduardo Chillida, le grand sculpteur espagnol du XXe siècle. Enfin la possibilité de faire le vide dans ce cirque, de pouvoir passer du rôle de contorsionniste à celui, éphémère, de funambule.

Ce sera l'objet de mon prochain et dernier article (avant peut-être une reprise fin août 2009) de ce blog, qui finissait par devenir bloc, avec toutes les pesanteurs subséquentes. Je le rédigerai à Séville où cette semaine je vais préparer mes six mois sabbatiques de l'an prochain.

Avec l'aide de Chillida, je tenterai de monter qu'on peut construire un projet, une sculpture en l'occurrence, en connaissant la résistance des matériaux. Escuchando la piedra (En écoutant la pierre) est le titre d'une série de sculptures de Chillida. Elle m'aideront à expliquer que, contrairement  à ce que dit Léo Bysaeth dans son édito de jeudi, ce n'est pas une maison qu'il faut construire, avec une architecte qui ne sait même pas tenir un équerre. C'est un projet qu'il faut sculpter avec des blocs de résistance qu'on devra faire parler, qui deviendront oeuvre parce qu'on saura les travailler, les faire s'exprimer, leur donner une forme qui se proposera à notre écoute.



Dans ce projet, cette "oeuvre", chaque bloc, figé au départ, peut même être artisan de sa propre forme, c'est ce que j'essaierai de démontrer bientôt aux lecteurs qui voudront bien me suivre dans mes délires philosophiques.

Mes rapports avec Le Locle sont plus étroits que certains pensent. Je suis originaire d’un village du district,  dans la maison de commune duquel je me suis marié : La Chaux-de-Milieu. Mon maître spirituel, Francis Jeanneret-Gris, était loclois.

Hier soir, devant 150 personnes, a eu lieu au Musée des beaux-arts de notre ville amie et alliée le vernissage d’une très belle exposition de gravures anciennes du Musée Jenisch de Vevey. La Mère commune s’élève comme référence culturelle et nous élève l’esprit, à nous chaux-de-fonniers englués dans le petschi avec nos conseillers communaux engourdis par les monstres de la raison endormie.

Bravo Le Locle, qui nous fait chaud au cœur par sa dignité, son engagement et son refus des basses compromissions.



Le conservateur du musée Jenisch, M. Dominique Radrizzani, a évoqué en termes très engagés le fameux rapport RIMUS. Stéphanie Guex, la conservatrice du Musée loclois a aussi pris une magnifique position de soutien à l’égard de ses collègues chaux-de-fonniers, confirmée par son chef de dicastère, le popiste Marcelo Droguett, qui parle encore avec un fort accent chilien dans l'extrait à écouter plus bas.

Comme je l’avais souligné en 2005 dans un Conseil général commun, l’histoire du rapport entre nos deux villes est complexe et paradoxal. Il est fait d’une asymétrie historique où la Mère commune s’est progressivement sentie dépasser par sa fille, une fille bien développée au point d’avoir eu tendance à nier sa mère. Notre rôle de politiciens n’est pas d’entreprendre une psychanalyse collective mais d’être conscients de ces mouvements de fond dans nos populations et d’être les premiers à montrer l’exemple pour les dépasser et relativiser leur pouvoir de freinage. Nous devons être les moteurs de l’évolution des mentalités.

En tous cas, cette semaine les Loclois nous donnent, dans le meilleur sens du terme, une leçon culturelle, politique et amicale. Merci pour la belle route que nous finirons par construire ensemble.

Vous pouvez écouter des extraits des discours de ce vernissage qui m’a très ému, qui m'a réconforté comme une mère (commune) le peut avec un enfant blessé.



Vous pouvez aussi
écouter l'interview de Claudine Stähli à RSR 1 hier matin.



Gravure de Goya, 1799


Extraits du rapport du Conseil communal de la Ville de La Chaux-de-Fonds, ville de gauche depuis 1918, sur la restructuration des institutions muséales, rendu public le vendredi 27 septembre 2008 et en consultation jusqu'au 10 novembre 2008 :



a)




b)
Je signale que je suis membre de la Commission du musée des beaux-arts depuis 24 ans. J'ai en été le Président de 1992 à 2000 et n'ai eu de cesse, comme ma successeure Catherine Corthésy et mon prédécesseur Alain Tissot, de garantir que la gestion  et le contrôle du musée correspondent scrupuleusement au réglement de cette institution communale, de ce service communal même puisque l'ancien conservateur et la nouvelle conservatrice étaient chef de service.

Tous les rapports de gestion du MBA furent et sont contrôlés par notre commission et jamais le Conseil général, autorité politique suprême, n'a remis en question la gestion de l'institution communale qu'est le MBA. Les membres des commissions de gestion des musées sont toujours d'ailleurs nommés par le Conseil général au début de chaque législature.

Ces extraits du rapport du Conseil communal constituent donc une blessante insulte à l'égard des institutions de sa propre ville et une grave dérive par rapport à leur fondement et leur fonctionnement démocratiques.

Le dénigrement des professions de la culture, tout comme  le discrédit des institutions démocratiquement contrôlées, sont indignes des valeurs de gauche que je défends.

Francisco, que se passe-t-il ?

Je salue la naissance, dès mardi 30 septembre, d'un blog cito
yen sauvonslesmusees.
Il réveillera je l'espère les consciences endormies et mérite d'être alimenté.


 
Hier soir au Conseil général, Laurent Kurth, la vedette de la semaine, a répondu à mon interpellation sur l'avancement du dossier de l'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco.

En substance, suite à la visite, cette semaine, de l'expert de l'Unesco, les deux villes pourraient être amenées à compléter le dossier envoyé, jugé excellent par la Confédération. Jusqu'en février, il se pourrait que des compléments sur la gestion et la protection du site doivent être déposés jusqu'en février.

La collaboration avec Le Locle nous est garantie excellente, ("une parfaite entente") ce dont nous nous réjouissons. Les deux villes préparent ensemble toute la communication sur l'éventuelle inscription en juin 2009 à Séville (j'y serai et, à défaut d'assister au congrès, j'emmènerai Kurth et De La Reussille dans les meilleurs bars à tapas). La signalétique urbanistique est un autre élément central à bien préparer alors que les prestations touristiques et le développement économique générés par l'inscription seront des priorités à plus long terme.

Enfin, Laurent Kurth a précisé que chaque ville gardera une certaine indépendance pour l'ampleur de ses actions de valorisation de son patrimoine.

Je suis satisfait de cette réponse et fais confiance à nos autorités et aux services concernés pour la réussite de l'inscription en 2009. C'est sur leur seule responsabilité que celle-ci repose et son destin est entre leurs seules mains.
L'ACN (Association des communes neuchâteloises) a publié hier soir un communiqué jugeant inacceptable le report des charges de 15 millions voulu par l'Etat sur les communes. L'analyse de ce communiqué  (cf plus bas) montre des similitudes frappantes avec les propos de Laurent Kurth sur Jean Studer : un vrai clonage, une même analyse de fond, certes sur un ton plus modéré. Et dire que Laurent Kurth, en bon calviniste, faisait déjà mercredi son mea culpa en avouant que "passer par les médias n'est pas une méthode recommandable". Au contraire, un politicien moderne doit savoir de temps à autre passer par les médias pour  exprimer son point de vue : c'est aussi cela la liberté de parole. Ce n'est donc pas une querelle de famille au sein du PS mais un conflit Etat-communes généré par le mode de gouvernance du Conseil d'Etat, de son patron des finances en particulier.

Propos de Laurent Kurth:
Ce gouvernement a annoncé sa volonté de révolutionner ce canton. Mais j'ai le sentiment que, plus que de révolutionner les institutions, il a transformé les méthodes de gouvernement, instaurant le mépris des interlocuteurs, le mépris de la parole donnée, la contrainte, le chantage et l'autoritarisme. A titre personnel, je ressens cela comme de la violence. Et, comme socialiste, je constate que cela est à l'opposé des valeurs qui fondent mon engagement politique. Je pense que le Parti socialiste doit se distancier de telles méthodes.


Communiqué de l'ASN :

S’étant concertés, les conseils communaux des trois Villes de Neuchâtel, du Locle et de La Chaux-de-Fonds, ainsi que le président de l’Association des communes neuchâteloises (ACN), déclarent publiquement que ce report est inacceptable en tout cas pour trois raisons.

• Il est inacceptable parce qu’aucun processus d’échanges et d’informations (LK : mépris des interlocuteurs)
entre l’Etat et les communes n’a été mis sur pied au préalable. Il reflète un mode de décision et de communication que les communes ne peuvent plus accepter de la part de l’Etat. (LK : autoritarisme)

Il est inacceptable car il ne correspond absolument pas à l’esprit de concertation et de collaboration annoncé par le Conseil d’Etat entre les différents partenaires publics dans le cadre du Réseau urbain neuchâtelois (LK : mépris de la parole donnée, contrainte)

• Il est inacceptable car l’Etat de Neuchâtel a toujours condamné la Confédération quand elle reportait des charges sur les cantons sans s’être auparavant entendue avec ces derniers. L’Etat ne peut donc pas procéder ainsi avec les communes.




Dans le programme socialiste pour les élections communales 2008, était annoncée cette proposition :

Le parti socialiste entend favoriser l’accès des infrastructures sportives et culturelles aux citoyens de La Chaux-de-Fonds grâce à un carnet familial donnant droit à des tarifs préférentiels ou à des entrées gratuites tant dans les lieux destinés au sport (patinoire, piscines,…) que dans ceux destinés à la culture (musées, Heure Bleue et TPR, location de CD ou DVD à la bibliothèque…).


C'est la raison pour laquelle j'ai déposé récemment cette motion qui sera je l'espère traitée mercredi 17 septembre.



Carnet familial culturel et sportif



Favoriser l’accès des infrastructures sportives et culturelles de notre ville grâce à un carnet (ou une carte) familial donnant droit à des tarifs préférentiels ou à des entrées gratuites tant dans les lieux sportifs (patinoire, piscines,…) que culturels (musées, Heure Bleue et TPR, Bibliothèque de la Ville) : voici l’objet de cette motion.

En possession de ce carnet, la famille pourrait, par exemple, une fois par an, aller gratuitement à la patinoire, à la piscine des Mélèzes, à la piscine des Arêtes, dans chacun des cinq musées de la Ville, bénéficier pour un spectacle à l’Heure bleue et un concert à la Salle de Musique d’une réduction substantielle, louer gratuitement quelques CD ou DVD à la Bibliothèque de la Ville. La seule contrainte serait que les enfants soient accompagnés par un des parents.

Ce serait là une manière concrète de rendre nos institutions encore plus vivantes et ouvertes aux familles. Nous demandons au Conseil communal d’étudier et de mettre en place le plus rapidement possible ce concept, sous une forme ou sous une autre.


Voici comment je souhaite développer cette motion :


Notre motion, claire dans ses propositions d’étude, mérite cependant d’être développée sous trois aspects : quelle est la réalité qu’elle présuppose, quelle position politique elle défend, quels problèmes ou questions elle soulève.

D’abord, évoquons des faits : les institutions publiques, chaque fois qu’elle s’ouvrent aux citoyens (portes ouvertes, journée gratuite du patrimoine,) obtiennent un grand succès. De plus notre ville est très riche en infrastructures sportives et culturelles qui, de leur côté, commencent à mettre en route des projets d’animation et de visites avec les écoles obligatoires. Enfin, aujourd’hui beaucoup de familles de notre ville, au revenu modeste, à la composition éclatée, se trouvent écartées, à leurs corps défendant, de beaucoup de possibilités de loisirs, à cause d’un problème financier ou d’une crainte de franchir la porte des musées, parfois intimidants.

Deuxièmement, voici en quelques mots les positions politiques que nous défendons : l’accès à la culture et au sport doit être garanti à chaque citoyen pour son enrichissement personnel ; notre ville doit faire des efforts significatifs envers les familles dans tous les domaines ; ce sont les liens entre générations (parents-enfants mais aussi grands-parents-enfants) qui sont porteurs d’avenir. Cette motion venant de la gauche a vocation de rassembler autour d’elle tous les partis qui devraient partager, nous l’espérons, ses grandes options.

Enfin, cette motion soulève des questions, pour certains même des problèmes, qu’elle n’a pas le but de résoudre puisque justement, elle est une demande d’étude. Qu’est-ce qui peut faire débat à travers elle ? C’est la raison pour laquelle nous avons employé la formule « sous une forme ou sous une autre » qui laissent ouvertes les différentes options possibles.
- Ce carnet doit-il être offert, sur demande, gratuitement en priorité aux citoyens de la ville, ou aussi aux Loclois,et aux gens des districts du Haut, ou à toute famille, quelle que soit sa provenance ? Faut-il le faire payer aux autres que nous ?
- Ce carnet ne doit-il concerner que les parents et les enfants ou aussi les parents, les grands-parents et les enfants ? Le mot « parents » de notre motion laisse ouverte l’interprétation. Quel plus beau geste que le jeune écolier allant montrer un mercredi après-midi à son grand-papa le musée qu’il aurait visité le jour avant avec sa classe ?
- Ce carnet coûtera-t-il beaucoup à la collectivité ? On pourrait en effet craindre que les musées, les piscines et l'Heure bleue perdent des recettes. Mais faire venir une fois gratuitement par an des familles dans des lieux de loisirs et de culture, n’est-ce pas les fidéliser pour d’autres visites ?


Le Conseil communal devra les examiner si notre motion est acceptée. La seule contrainte que nous souhaiterions imposer à notre exécutif, c’est qu’il ne la« choubladise pas ». Choubladiser, c’est mettre dans un tiroir dans le patois politique chaux-de-fonnier. Rappelons ici que la motion déposée en 2001 par Pierre Bauer, notre camarade socialiste, et demandant que les élèves chaux-de-fonniers visitent obligatoirement tous les musées dans leur cursus scolaire n’a toujours pas reçu de réponse. Je crois savoir qu’un projet sérieux va se mettre en place dès août 2009…, huit ans après.

Espérons que le carnet souhaité verra le jour, si cette motion passe la rampe, dans les plus brefs délais.

Depuis que Jean Studer est ministre de notre République, il ne se passe pas une semaine à gauche sans qu’on vante sa compétence, mais pas un jour depuis une année sans qu’on déplore sa manière de gouverner. Interrogez le monde syndical qui vous dira que jamais les négociations ne furent aussi dures avec la droite. Interrogez des conseillers communaux qui expliqueront les rapports remplis de méfiance existant entre leurs villes et l’Etat, situation pire qu'avec un gouvernement de droite.

Et voilà que pour la première fois de sa carrière politique Jean Studer reçoit un coup de boule auquel il devait s’attendre. Trop c’est trop, Laurent Kurth, dans une interview courageuse et sincère, met le pavé dans la mare et dénonce la dérive autoritaire de son camarade. Je remercie Laurent Kurth et le félicite de sa pugnacité.

De toutes façons, ma décision était prise depuis l’été : je ne voterai pas Studer au premier tour de l’élection au Conseil d’Etat !


Voici l’article de l’Impartial

En 2009, les communes devront supporter 15 millions de charges en plus. Le grand argentier Jean Studer l'a admis jeudi, confirmant une rumeur insistante. La pilule passe mal. La méthode aussi. A La Chaux-de-Fonds, le budget, pratiquement bouclé, est à refaire. Conseiller communal socialiste en charge des relations extérieures de la Ville, Laurent Kurth en a gros sur le cœur. Entretien.


Laurent Kurth, en 2009, la commune de La Chaux-de-Fonds devra supporter plusieurs millions de francs de charges supplémentaires. Un coup dur?

Oui! Mais plus que la question financière, c'est la méthode qui est en cause. Et pas seulement sur cette affaire. Là, ça commence à faire beaucoup!


Vous dénoncez «la méthode Studer». Elle est pourtant efficace. Que lui reprochez-vous exactement?

Ce gouvernement a annoncé sa volonté de révolutionner ce canton. Mais j'ai le sentiment que, plus que de révolutionner les institutions, il a transformé les méthodes de gouvernement, instaurant le mépris des interlocuteurs, le mépris de la parole donnée, la contrainte, le chantage et l'autoritarisme. A titre personnel, je ressens cela comme de la violence. Et, comme socialiste, je constate que cela est à l'opposé des valeurs qui fondent mon engagement politique. Je pense que le Parti socialiste doit se distancier de telles méthodes.


Une fois au pouvoir, un socialiste peut-il demeurer socialiste?

Oui, définitivement oui. A La Chaux-de-Fonds, la majorité de gauche a montré qu'elle pouvait affronter les situations difficiles y compris en son sein. Et cela, avec le concours de l'ensemble des composantes de l'exécutif. Ce dernier a su prendre des décisions impopulaires, assumer ses responsabilités, et faire évoluer la collectivité et cela dans le respect de la cohésion et des interlocuteurs. Si j'ai accepté aujourd'hui de m'exprimer comme je le fais, c'est parce que je pense qu'il est important de dire que l'on peut, comme socialiste, assumer des responsabilités en usant d'autres méthodes que celles adoptées actuellement par le Château.


N'est-ce pas le rôle du grand argentier d'assainir les finances cantonales?

Oui. Et il est de son rôle aussi de se demander si les communes peuvent prendre leur part du processus. Mais elles doivent pouvoir y participer, proposer des mesures d'accompagnement. Il n'est pas correct de prendre de telles mesures dans le plus grand secret et dans ces délais-là. Le report de charges supplémentaire pour 2009, sans concertation, est un exemple - un de plus - du régime autoritaire que je dénonce. Le message que nous envoie le Château, c'est que les communes doivent contribuer à l'effort mais n'ont rien à dire.


Vous faites allusion à d'autres épisodes. Lesquels?

Le Conseil d'Etat avait annoncé des reports de charges du canton sur les communes dans le domaine de l'éducation spécialisée. L'Association des communes neuchâteloises et les Villes ont manifesté leur opposition et ont demandé une entrevue avant l'été. La réponse est tombée dans la «Feuille officielle» à la mi-août, sans que la rencontre demandée ait eu lieu. C'est 300 000 fr. de plus à charge de la Ville.

Lors de notre dernière rencontre annuelle (lire l'encadré) avec le Conseil d'Etat, toute récente, nous avons évoqué cette question. L'Etat n'a fait aucune allusion à ce qui se préparait, à savoir les 15 millions de report de charges encore à venir.

Un autre exemple de la dérive autoritaire que je dénonce, c'est la manière dont la fusion entre les TRN et les TN a été empoignée. L'Etat a donné mandat à un bureau privé pour étudier cette fusion, informant après coup les deux compagnies de sa décision.

D'autres décisions seraient en préparation. Ainsi, il se dit que l'Etat prépare une cantonalisation des écoles d'ici à trois ans.

Plus généralement, les communes insistent depuis plusieurs mois pour être associées à un mandat d'étude que l'Etat a donné pour la transformation des structures institutionnelles du canton, mais jusqu'ici elles n'ont même pas obtenu le contenu du mandat.


Les communes peuvent-elles se battre contre un tel report de charges?

Nous utiliserons tous les moyens pour les combattre. Mais seront-ils juridiques, parlementaires ou autres? C'est à voir.


Le camarade Kurth va-t-il continuer à serrer la main du camarade Studer?


Oui. Et même, on s'embrasse quand on se rencontre. Mes amitiés n'ont rien à voir avec mes préoccupations politiques, qui sont connues à l'interne. Ces quatre dernières années j'ai amené ce type de question plusieurs fois devant le comité cantonal du Parti socialiste. Par ailleurs, je reconnais à Jean Studer une capacité de travail, une intelligence et une éloquence remarquables. Mais je pense que malheureusement sa méthode, autoritaire, l'a conduit à anéantir tout contre-pouvoir. Or, un pouvoir sans contre-pouvoir devient vite un pouvoir fou. Les partis et les institutions, qui ont un peu oublié de distingue r dureté des décisions à prendre et dureté de la méthode, doivent se réveiller! /LBY


Stratégiquement, il est nécessaire selon moi que Gisèle Ory ou Didier Berberat annoncent avant la fin de la semaine qui des deux se porte candidat à la candidature pour le prochain gouvernement. Ainsi Studer pourra le 29 septembre venir expliquer son budget amputant les communes de 15 millions. Encore faudra-t-il que les députés de gauche le votent.

Le 3e Conseil général de la législature a vu des motions et des interpellations passer ou non la rampe. Les socialistes, soutenus par les Verts et les radicaux, ont voulu que le Conseil communal dresse un bilan de l'élection de l'exécutif au système proportionnel et des effets de la présidence tournante. Avec sagesse, l’exécutif a accepté la tâche mais laissera la décision d’une éventuelle amélioration du mode d’élection au législatif, éventuellement par le biais d'une commission ad hoc.

Cette motion est la conséquence logique des péripéties, en forme de déni démocratique, issues des dernières élections de juin. Nous ne reviendrons pas sur l’accès à la fonction de P.-A. Monnard mais nous étonnerons ici de l’intervention du POP hier soir. En effet, le porte-parole de ce parti a doublement, et curieusement, argumenté pour ne pas soutenir la motion. Il s’est servi de la comparaison avec les jeux pour montrer qu’on ne peut pas changer les règles si rapidement, surtout si le changement est proposé par les perdants ! Les piques adressées au parti socialiste (qui n’ont nullement perdu l’élection au CC !), la légitimité qu’a reçue le parti libéral de ses manœuvres, la fausse comparaison (une élection démocratique n’est pas un jeu !), tout cet argumentaire m’a paru peu convaincant de la part de nos fidèles alliés. Même Francis Staehli qui ne voyait pas dans la motion une unité de matière s’est fait répliquer par le Président la Ville, Jean-Pierre Veya, son propre camarade, qu’une motion n’impliquait pas forcément d’être unitaire. Au final, le POP, allié avec la droite libérale et UDC, a perdu et la motion a été acceptée par 19 voix contre 16.

Pour ma part, et au nom du PS, j’ai interpellé de manière urgente le Conseil communal pour qu’il nous donne des assurances sur la bonne marche du dossier UNECO en vue de l’inscription au patrimoine mondial l’année prochaine. Je souhaite être rassuré sur les rapports qu’il reste encore à fournir à l’UNESCO, sur la place égale que doit avoir Le Locle pour défendre le dossier et surtout sur les projets prévus en matière touristique dès juillet 2009. Le Conseil communal répondra à mon interpellation lors de la prochaine séance de septembre.

Voici le texte de mon interpellation :

En décembre 2007, La Chaux-de-Fonds et Le Locle ont déposé leur candidature pour l’inscription au patrimoine mondial de l’humanité. Au début de l’été prochain, le congrès annuel de l’UNESCO prendra sa décision sur les villes ou les lieux nominés. Sera aussi probablement décidée l’inscription des œuvres de Le Corbusier dans le monde, dont la Villa Turque et la Maison blanche.
Confiants à la lecture de l’excellent dossier de présentation de nos deux villes pour la première de ces inscriptions, nous souhaitons cependant être rassurés sur les prochaines échéances à affronter :
- les nombreux dossiers complémentaires à rendre à l’UNESCO l’ont-ils été ou le seront-ils dans les temps ?
- l’accueil de l’expert de l’UNESCO en septembre a-t-il été minitieusement préparé ?
- la Ville du Locle sera-t-elle bien présente à égalité avec la nôtre au congrès de Séville et dans toutes les autres formes de communication ?
- que sera-t-il prévu sur les plans touristique et culturel, aux niveaux communal, intercommunal et cantonal, pour répondre à l’intérêt immédiat que susciteraient immanquablement ces inscriptions dès le mois de juillet ?

Rentrée politique curieuse en ce mardi pluvieux !

Ce matin, je me rends à 10 h. 30, pour des raisons administratives, au service du domaine public à l'Hôtel de Ville de La Chaux-de-Fonds. Au rez-de-chaussée de ce bâtiment public, lieu symbolique de notre ville, occupé aussi par la police cantonale de proximité, se trouve un panneau destiné aux informations culturelles et sportives de la région. A côté de l'affiche de l'exposition du Musée des beaux-arts, je vois affichée cette page dactylographiée :

 



L'officier cantonal de la police de proximité, par moi interpellé, me répond que ce n'est pas son affaire puisqu'on est dans un bâtiment communal...

Sur ma demande, le chef chaux-de-fonnier de la la sécurité publique enlève cette page qui n'a rien à faire dans un lieu public. Merci à lui, M. Blaise Fivaz !


Ce même soir a lieu la première séance de la commission de sécurité publique présidée par M. Monnard, nouveau conseiller communal responsable de la sécurité. Le secret des délibérations m'interdit de dire plus que ceci : j'ai réagi à cette intrusion inadmissible de propos malveillants à l'égard d'une position politique (celle des socialistes en l'occurrence) dans un lieu public.

Question finale : depuis combien de temps ce texte était-il affiché et par qui ? Par un citoyen infantile, j'ose croire, pour ne pas penser à des hypothèses plus lacérantes.

Je n'en ferai pas un fromage mais je connais des groupes politiques qui ne se gêneraient pas d'en touiller de grosses fondues...
Avant les vacances que je souhaite bonnes à chacun, les quelques légers paragraphes qui suivent montreront les liens, parfois étroits, entre la politique et le foot, du moins comme je les vois aujourd'hui après trois semaines de magnifiques moments lors de l'Euro 2008.

1) La Chaux-de-Fonds, ville de gauche, a réussi hier soir à faire une bonne fiesta à l'Espagne, seul pays de gauche ayant participé à l'Euro. L'Espagne était mon favori de ce championnat. Quelques extraits de cette corrida au Pod, dûment surveillée par neuf policiers de la cantonale.




2) La Chaux-de-Fonds compte une importante communauté espagnole; celle-ci est souvent à l'honneur sans qu'on le sache forcément tant les Espagnols de La Chaux-de-Fonds sont bien intégrés. Deux exemples remarquables : notre présidente de section, Silvia Locatelli Caruncho, au célèbre balcon surplombant l'UBS Arena,

et notre vice-chancelier, Michel Villarejo, andalou de Cuevas del Becerro, un village près de Ronda où un fort nombre d'habitants a émigré dans le Jura après la guerre. Je suis content pour ces deux personnalités rayonnantes et très engagées pour notre ville.

3) En Suisse, le foot s'était invité au centre de l'arène politique, dans la cité mère en particulier. A Berne le 13 juin par exemple, l'ambiance était magnifique avec les Oranje. J'y étais !
 
J'ai déjà dit dans un précédent article à quel point cet Euro a permis en Suisse de resserrer les liens entre les différentes communautés

4) Le coût pour la ville de la venue à Polyexpo de l'UBS Arena a été budgété au maximum à 149000 francs. Cette somme ne sera de loin pas atteinte puisque, d'après mes informations recueillies auprès du chef de la sécurité, M. Maurer, beaucoup moins de personnel de sécurité et de maintenance a été nécessaire. Le Conseil communal devrait bientôt faire une communication sur ce sujet. Polyexpo a même récupéré 30000 francs de frais de location de ses locaux. Quelques-uns d'entre nous considèrons quand même que ce fut une bonne décision et l'ambiance n'était pas mal à l'ouverture malgré le froid. En effet, ce sera la seule fois de notre vie qu'on sera des VIP !

Songeons déjà pour 2010 à un projet où la ville, les sociétés locales et les commerçants  seraient partie prenante, par exemple sur la place des Forains,  presque au centre ville, dans un quartier à valoriser (place du Bois, place des Marronniers), quitte à faire aller les Knie à Polyexpo !

5) Quant à la question de savoir si on peut aimer davantage le foot que la politique, trois exemples chaux-de-fonniers me serviront à réponse non, oui et non, oui.
Non : le médecin du FCC depuis de nombreuses années, Claude-André Moser, a fini par s'engager: il est conseiller général radical, centriste, et jeudi soir, outre le fait qu'il a sacrifié Espagne-Russie, il a - bien - voté avec la gauche comme ses autres collègue radicaux.
Le blog de Fabien Fivaz revient sur cet intéressant événement.
Oui et non : deux des alliés libéraux du radical Moser regardaient le match sur un petit ordinateur disposé sur leur pupitre.
Oui : un socialiste au blog épineux est allé à 20 h30 rejoindre un popiste pour voir ce match et fut pour cela publiquement dénoncé à la fin de la séance par le libéral au petit ordinateur : ce fut de bonne guerre ! Honte à lui qui spolie son électorat lui ayant fait confiance et qui donne le mauvais exemple...

Il ne recommencera plus, promis Monsieur le Président du Conseil général, qui considéra là que ce fut un auto-goal. Il souhaite d'ailleurs à Philippe Lagger une bonne présidence, attentive et colorée !


J'ai trouvé tellement émouvant cet extrait du Téléjournal
du dimanche 8 juin que je vous le fais partager.






Voilà la meilleure réponse à faire aux nationalistes de tout poil,
aux xénophobes rampants,
 aux renfermés du bocal,
aux étriqués du bonnet,
à ceux qui croient que le football aliène
et que l'ouverture à l'Europe nous fait perdre notre identité.

"Le football n'a rien à voir avec le nationalisme. C'est même le contraire. On ne va pas au football pour « gagner ». Une seule équipe va gagner la Coupe du monde; les autres vont perdre, forcément. On y va pour chercher autre chose. Le foot est un langage universel. Vous pouvez parler foot avec des gens partout sur terre, vous avez là une culture commune, les mêmes souvenirs, les mêmes références. Et vous ne trouvez ça dans aucun autre domaine. Même en religion: depuis qu'on a abandonné le latin, on ne comprend même plus la messe à l'étranger."

Philippe Séguin, Le Monde, 8 juin 2006


Hier soir, j'ai assisté à 18 h. 00 sur le bitume d'UBS-Arena à Espagne-Russie. Temps doux, soleil mais 70 personnes debout, une cinquantaine sur les gradins payant et 50 V.I.P. au sommet de la tribune, dont Samuel Schmid.


C'est dire l'échec total, jusqu'à maintenant, du concept dans notre ville, surtout que le temps sera exécrable les prochains jours. Je ne regrette pourtant pas mon vote de juillet passé, accordant 100000 francs à la Ville pour avoir cette arène (cf  mon article du 30 juin 2007). D'ailleurs, on ne les dépensera même pas puisque c'était un maximum prévu en cas de fortes affluences.

Coupons court d'abord aux rumeurs circulant en ville. Ainsi, un monsieur rencontré dimanche croyait que l'Arena coûtait 80 francs par habitant aux contribuables chaux-de-fonniers. En fait c'est 4 francs  au maximum.


De plus, lors du Mondial 2006, la Ville a aussi mis environ 100000 francs pour aider les manifestations à Espacité et sur la place du Marché. Pour preuve, ce que disait la conseillère communale Josette Frésard le 3 juillet au Conseil général : Concernant le Mondial 2006, le coût effectif pour la Ville est d’environ Frs 44’000.- pour ce qui s’est fait sur Espacité, entre les prestations des Travaux publics, les locations de places que nous aurions dû effectivement facturer et les coûts de la sécurité et de la signalisation. Le coût facturé aux organisateurs est de Frs 8’000.-.  Reste à charge de la Ville environ Frs 36’000.-.
Je prends maintenant le deuxième organisateur. Il y avait là deux manifestations couplées qui se sont faites dans la foulée (Mondial et Eté T’chaux à la place du Marché) ; tout a été calculé en même temps. Prestations des Travaux publics, sécurité et signalisation, locations de places qui auraient effectivement dû être faites :
Frs 77’000.-. Coûts facturés aux organisateurs : environ Frs 12’000.-. Reste à charge de la Ville : Frs 65’000.-. Pour être tout à fait transparente, j’aimerais vous dire que ces deux organisateurs n’ont, une année après, pas payé la totalité des factures. C’est la réalité, les choses telles qu’elles sont.
Le Conseil communal a toujours soutenu les organisateurs locaux. Vous voyez que sur ces deux manifestations, nous sommes aux environs des Frs 100’000.- à charge de la Ville.

Il n'empêche que Polyexpo est beaucoup trop excentré pour attirer du monde. Il est interdit d'entrer dans l'enceinte avec une bouteille d'eau minérale, les petits stands aux alentours doivent être à plus de 200 mètres. Les Chaux-de-Fonniers, rebelles par nature, détestent qu'on leur impose des choses qui ne viennent pas d'eux. Ce sera une leçon à méditer pour l'avenir.

Voici la déliceuse interview de notre Président de la Ville ce matin sur RSR 1 sur ce flop.





Le 27 avril, l'UDC récoltait 18,76 % des suffrages pour l'élection du Conseil général. Le premier thème de sa campagne par dépliant était résumé par cette phrase xénophobe : Les immigrants ne maîtrisant pas nos langues nationales doivent suivre un enseignement séparé.

Aujourd'hui, la même xénophobie concernant la naturalisation par les urnes (rappelons cette odieuse affiche ci-dessous et montrons l'affiche de leur future initiative contre la construction de minarets)






recueille dans notre ville 18,60 % de oui : quelle stabilité, mais quelle stagnation !

Il se vérifie donc que l'UDC est à La Chaux-de-Fonds complètement isolée sur les thèmes qui font son commerce de base : le racisme, la xénophobie, l'intolérance.

Le bloc humaniste (cf mon article du 19 mars 2008) résiste magnifiquement.

Espérons que les élus UDC au Conseil général n'emboucheront pas (ils ne l'ont d'ailleurs jamais fait depuis 2004) les trompettes insupportables de leurs dirigeants les plus extrêmes. Ils nous trouveraient sur leur chemin, tous les élus républicains, des libéraux aux popistes.

Je préfère une UDC chaux-de-fonnière qui travaille assez souvent dans l'intérêt de la ville à une UDC suisse qui utilise fréquemment des méthodes d'exclusion (pensez à l'éviction de Eveline Widmer et de la section grisonne) dignes des pires purges staliniennes.


Les lectrices et lecteurs fidèles ou plus occasionnelLEs de ce blog ont peut-être choisi de voter pour mon parti ou pour moi le 27 avril.

Je les en remercie sincèrement et leur transmets mes résultats personnels qui m'ont surpris, touché et encouragé dans les voies que je choisis de défendre au sein du PS, au Conseil général et sur ce blog.


J'ai recueilli 2390 suffrages qui proviennent de différentes voies (en italiques, les résultats du 6 juin 2004) :

1384 (1830) viennent de listes compactes du PS;

102 (57) viennent  de listes manuscrites sans dénomination additionnelle d'un autre parti (je suis le 11e candidat de gauche plus inscrit sur ces listes après Katia Babey (185), Annie Clerc (157), Lagger (145), Fivaz (142), Vuilleumier (139), Aline Fleury (120), Bregnard (109), Mariette Mumenthaler (108), Blanc et Borel (106) mais ... avant Stähli (101)).

904 (928) viennent de bulletins modifiés se décomposant ainsi :

697 (805) du PS où je suis 15e sur 24 canditatEs, et le dernier des éluEs, c'est-à-dire beaucoup tracé;

107 (68) des Verts où je suis le 7e candidat plus rajouté, gauche et droite comprise, après Veya (172), Katia Babey (160), Bregnard (152), Annie Clerc (147), Stähli (133), Eva Fernandez (116);

58
(40) du POP où je suis le 7e candidat plus rajouté, gauche et droite comprise, après Lagger (96), Fivaz (83),  Katia Babey (77), Julie John (72), Aline Fleury (64), Vuilleumier (60);

42
(15) de la droite (14 (3) radicaux, 12 (0) PDC, 9 (12) libéraux, 7 (0) UDC) où je suis le 10e candidat le plus rajouté des élusE de gauche après Lagger (109), Vuilleumier (103), Babey (95), Clerc (75), Fivaz (74), Blanc (61), Stähli (53), Bregnard et Mariette Mumenthaler (46).


Ces 2390 suffrages me placent 4e (9e) de la liste socialiste et 4e des éluEs de la ville, mais loin derrière la grande et méritée gagnante de ces élections, Katia Babey, qui a reçu 2695 suffrages, en "ratissant large" partout. Bravo à elle pour sa présidence sans faute du Conseil général pendant cette dernière année.

En remerciant encore les citoyenNEs qui m'ont fait confiance, j'essaierai de continuer à honorer la légitimité démocratique qui m'est donnée : elle vient d'horizons divers car je déteste être un godillot.

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