Mystères et dessous des élections communales : des conseillers communaux qui sont candidats au législatif; un père et un fils, deux frères, une mère et un fils dans
des partis différents, une famille presque à elle toute seule dans un parti, des nouveaux, des revenants (C.-A. Favre, bravo !), des hommes, beaucoup d'hommes et, ...
...surtout, un candidat au Conseil communal disparu de la liste du Conseil général : Pierre-André Monnard, libéral (en veste marron sur la photo des casques).
Comprenne qui pourra et bonne chance à toutes et à tous...
Alea jacta est : les libéraux ont ainsi, comme je le pensais, préféré leurs valeurs à l'aventure. Il y a donc trois blocs politiques dans notre ville et en Suisse
d'ailleurs depuis le 12 décembre : la gauche plurielle unie, le centre-droit et la droite nationaliste, l'extrême-droite ou le Volkspartei puisque ce nom alémanique convient en
fait très bien à ce dernier bloc.
Il y a deux manières de concevoir les forces et le débat politiques dans notre ville :
a) sur le plan strictement politique et financier, les deux blocs de droite partagent, d'ailleurs parfois avec la gauche (cf les votes unanimes des deux derniers budgets) des
vues communes. On peut dire qu'il y a la droite et la gauche, vision classique de la politique depuis la fin du XVIIIe siècle : plus ou moins d'Etat.
b) sur le plan de la Weltanschauung (vision du monde), tout sépare les républicains ouverts au monde et à l'Europe, différenciant clairement le politique du religieux, épris
d'humanisme, de culture et de diversité, de l'autre bloc. C'est aussi bloc contre bloc : plus ou moins d'ouverture et de progressisme. Je connais certains radicaux
qui auraient rendu leur carte si leur parti s'était apparenté aux blochériens.
Cette vision de la politique, c'est la mienne exprimée ici depuis longteemps et je suis heureux que les libéraux ne soient pas tombés dans le piège pervers et diabolique qu'on leur
présentait sur un plateau s'ils le voulaient vraiment.
Travailler avec chacun, c'est une chose, nécessaire; défendre ses idées, ses valeurs surtout, c'en est une autre.
Les listes pour le Conseil général sont déposées. Le PDC est en lice avec 5 candidatEs et il sera intéressant de voir s'il partira seul ou s'il s'apparentera avec le
centre-droit.
Une des clés du scrutin est la présence des femmes sur les listes. Avec 7 femmes sur 13 candidatEs, le parti radical crée la surprise et propose
la meilleure liste depuis des lustres, des personnalités centristes et ouvertes qui donnent un peu d'air à droite. L'UDC, malgré ses succès électoraux, peine à trouver du monde. S'engager, c'est
autre chose qu'exprimer sa mauvaise humeur.
Les autres partis de droite s'escriment en vain à convaincre les femmes de se mettre en lice. 3 libérales sur 15 candidatEs et une seule brebis UDC sur 11.
Le POP n'a que 7 femmes sur 22 candidatEs, le PDC 1 femme sur 5. Les Verts ont 10 femmes sur 20 (dont quelques épouses de candidats) et les socialistes 11 femmes sur 24 candidatEs.
Une des clés du scrutin est cette présence féminine. Espérons qu'un maximum de femmes seront élues.
Restent les apparentements : les libéraux iront-ils finalement, et naturellement, avec les radicaux ? Les choses seraient ainsi claires, avec trois blocs bien
distincts : la gauche plurielle, le centre-droit et la droite nationaliste. A voir dès la semaine prochaine car le délai pour les apparentements est fixé au 17 mars.
Le 21 février, la TSR diffuse un sujet sur l'inquiétude de certains écologistes chaux-de-fonniers et neuchâtelois quant à la candidature au patrimoine mondial de
l'Unesco. On y voit s'exprimer le candidat vert au Conseil communal François Bonnet et l'ingénieur conseil en énergie et en environnement Pierre Renaud dont l'entreprise Planair est
établie à La Sagne. Y travaille Pierre Bonhôte, candidat socialiste au Conseil communal de Neuchâtel. Cette vidéo est visible ici.
Hier sur son blog, mon ami vert Fabien Fivaz, également candidat au Conseil communal, rectifie le tir par cet article ci-dessous :
Les Verts ont lancé une idée géniale, faire de La Chaux-de-Fonds une véritable cité solaire autonome énergétiquement dans un avenir relativement proche. Ce n’est pas une utopie, le
Val-de-Ruz pourrait le devenir déjà en 2035. Et les moyens d’y parvenir existent déjà. Il faudra augmenter l’efficience énergétique des bâtiments (grâce notamment aux normes Minergie
“améliorées”) et mettre en place des une politique de production d‘énergie propre (p. ex. éoliennes, capteurs solaires thermiques et photovoltaïques, mais aussi centrale hydraulique sur les
rejets de la STEP ou du futur évacuateur d’eau propre).
A peine l’idée lancée, certains doutent que l’adhésion au patrimoine mondial de l’UNESCO permette de mettre en œuvre une telle politique, parce que les contraintes liées à la conservation du
patrimoine ne serait pas compatible avec des améliorations énergétiques substantielles. Et pourtant, la candidature n’a pas profondément modifié le règlement d’aménagement communal sinon en y
inscrivant les périmètres UNESCO (modification ratifiée par le Conseil général en 2007) et l’acceptation de la candidature des deux villes ne devraient pas entraîner de grands changements
supplémentaires.
Faire de la ville une cité solaire est un extraordinaire projet pour l’avenir de la région, capable d’y créer une dynamique à la fois économique et écologique forte. Ces deux aspects ne sont
en effet pas contradictoire, l‘économie peut (et doit) tenir compte des facteurs écologiques (et sociaux). La candidature au patrimoine mondial est également un projet extraordinaire qui
permettra, espérons-le, de reconnaître enfin le fabuleux patrimoine architectural des Montagnes neuchâteloises. Le dossier remis à l’UNESCO est clair: les villes du Haut ne doivent pas devenir
des musées à ciel ouvert, une dynamique y existe depuis toujours et elle doit être poursuivie.
Pour moi, une chose est certaine, il ne faut pas opposer patrimoine et économie d‘énergie. Il faudra réussir à concilier ces deux aspects et c’est à mon avis un fabuleux défi pour l’avenir de
la région.
Je ne peux que remercier Fabien Fivaz, conseiller général émérite et responsable, de sa nécessaire mise au point face à ce que j'appelle le lobby de l'industrie énergétique : Pierre Renaud craint
pour son bifteck et son discours reflète une méconnaissance profonde du dossier. Je suis d'accord sur toute la ligne avec Fabien qui a le sens des responsabilités.
Quant à François Bonnet, qui est peut-être mal informé, le reportage TSR ne permet pas de connaître son point de vue profond. Fabien Fivaz m'a confirmé par courriel que Bonnet n'a jamais vraiment
émis l'idée que sauvegarde du patrimoine et économie d'énergie sont incompatible. Il est d'accord avec Fabien et on pourra faire la fête ensemble en été 2009, date à laquelle, à Séville, aura
lieu le congrès de l'UNESCO qui décidera de l'inscription des nouveaux sites.
Je trouverais d'autre part courtois que Pierre Bonhôte s'exprime sur ce sujet.
Il serait aussi et surtout très intéressant de connaître le point de vue de Patrick Erard, le favori vert au Conseil communal afin de dissiper toute équivoque.
Enfin, l'intervention posée de Jean-Daniel Jeanneret devrait permettre aussi je l'espère de clore ce malentendu.
Une grande figure de la vie enseignante, associative et politique vient de disparaître : André Greub mérite mon hommage d'aujourd'hui.

André fut d'abord et avant tout un excellent enseignant de la section préprofessionnelle, à l'école secondaire où j'ai travaillé pendant 10 ans. C'était un collègue
qui mettait aux services de ses élèves parfois défavorisés ou en difficulté ses convictions humanistes soucieuses d'égalité. De lui émanait une force tranquille qui m'a toujours
impressionné.
En politique, il fut un pilier du POP, résolument communiste, sans compromission sociale-démocrate, mais capable de faire la synthèse de positions divergentes dans
une discussion. N'oublions pas qu'il fut de parenté par alliance avec André Corswant. Extrêmement ancré dans le tissu associatif, il alliait la passion pour la plongée et l'amour du cor et je
me souviens de quelques dialogues avec lui sur le thème de l'apnée. Ses questions pointues posées de manière bienveillante, avec une pointe d'ironie, faisait encore mouche pendant les séances
de commission de sécurité publique où nous siégions ensemble.
Que dire d'autre qu'il vivra longtemps dans la mémoire de ceux qui l'auront connu ou côtoyé comme un modèle d'homme de gauche.
Après 4 ans de législature, il est intéressant de relever quelques chiffres statistiques sur la présence des partis politiques et
des élus au Conseil général de La Chaux-de-Fonds.
Ces chiffres sont synthétisés à partir des procès-verbaux du Conseil général consultables sur le site Internet de la ville
(http://cdf-chancellerie.ne.ch/).
Libéraux-Radicaux : 90, 9 % de
présence
UDC : 90,5 %
PS : 87,7 %
Verts : 83,3 %
POP : 83,1 %
16 conseillers (ères) généraux (ales) ayant accompli toute la législature se représenteront vraisemblablement aux élections de 2008. Sur 51 séances, voici le nombre de séances auxquelles ils
(elles) ont assisté :
Pierre-Alain Rohrbach (Lib) : 51
Daniel Nussbaumer (UDC) : 49
André Schreyer (UDC) : 49
Alain Parel (UDC) : 49
Annie Clerc (PS) : 48
Silvia Morel (Rad) : 48
Laurent Iff (Lib) : 48
Pierre-Alain Borel (PS) : 48
Daniel Musy (PS) : 46
Katia Babey (PS) : 46
Pascale Gazareth (POP) : 45
Phiippe Lagger (Verts) : 45
Théo Bregnard (POP) : 43
Serge Vuilleumier (PS) : 42
Jean-Charles Legrix (UDC) : 37
Francis Stähli (POP) : 34
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