Motion sur le tourisme vert

Publié le 31 Octobre 2007

Hier au Conseil général , j'ai eu l'occasion de développer ma motion sur la politique communale en matière de tourisme vert.  L' Impartial a  rendu compte de mon intervention dans le texte que voici.

La ville dans la nature, la nature dans la ville», c'est avec ce slogan plein d'allant que le socialiste Daniel Musy a résumé la motion débattue lundi soir devant le Conseil général de La Chaux-de-Fonds. Préoccupés par la promotion du tourisme vert aux abords de la ville, mais aussi inquiets que l'on confonde écotourisme et tourisme vert «technologique», les signataires - en majorité socialistes - ont invité le Conseil communal à donner ses idées sur la question. Celui-ci a accepté la motion.

A l'origine de ce texte, il y a le mécontentement consécutif à l'installation un peu n'importe où de yourtes, «pas toujours illégales, il est vrai», a souligné l'élu socialiste. Le texte propose de développer le concept de ville dans la nature, ville pourvue par ailleurs d'atouts urbanistiques et culturels importants.

Il s'agirait de proposer des parcours de deux ou trois jours aux touristes curieux tant de nature que de culture. Mais sans tomber dans les nuisances liées à ce que le motionnaire appelle le tourisme vert «technologique», comme par exemple une piste de ski de fond dépendante de canons à neige. Il a également soulevé la question du statut et de la vocation du site du Gros-Crêt - Pouillerel: «Il ne doit pas devenir le point de départ d'activités multiples, où l'on se rend en voiture!»

Selon le conseiller communal Jean-Pierre Veya, un groupe de travail est en train de plancher sur la question des futures orientations en matière de développement touristique, mais au niveau cantonal, en collaboration avec Tourisme neuchâtelois. «Le Conseil communal ne partira pas dans une direction opposée», a-t-il insisté. Au sujet des retombées négatives, il a regretté que les adeptes de tourisme vert fassent en général leur retour à la nature en voiture. «On doit garantir l'accès au site et on ne peut pas éviter que les gens s'y rendent avec leur véhicule. Il y a toujours des retombées négatives, même dans le tourisme doux.»

Il a rappelé qu'une offre abondante existait déjà en matière de chemins balisés pour raquettes ou ski de fond. «Mais, contrairement aux apparences, ce sont des activités qui impliquent de gros investissements. La Chaux-de-Fonds doit se concentrer sur ses atouts, elle n'a pas le potentiel de développer seule un tourisme doux important.» /SAB

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Voici le texte de ma motion :


Tourisme vert et/ou écotourisme : quelle politique communale ?

La Chaux-de-Fonds est la plus grande commune agricole de Suisse : 85 % de son territoire est non bâti et va de 600 à 1200 mètres d’altitude. C’est dire l’important potentiel de développement en matière de tourisme vert et/ou d’écotourisme.

Justement ces deux termes ne sont pas exactement synonymes.

On pourrait appeler « tourisme vert » l'ensemble des activités touristiques mises en place dans des zones rurales et basées sur les atouts d'un environnement naturel et humain spécifique à ces zones.

L’ « écotourisme » serait plutôt le développement d’activités qui associent la conservation de la biodiversité, la préservation des équilibres naturels et de leur durabilité, et le développement de loisirs attractifs modernes.

Selon Yann Engel, directeur de Tourisme neuchâtelois, « l’écotourisme engendre des discussions et des passions beaucoup plus fortes que ses retombées directes »  et, conclut-il dans une récente interview accordée à L’Impartial, «si on veut du tourisme vert, on ne peut pas éviter les touristes et quelques désagréments». C’est dire que M. Engel confondrait les concepts.

Ainsi, faire chambre d’hôte dans une ferme ou une maison de campagne, c’est différent de « faire yourte au Chapeau Râblé ». Marcher, se balader en vélo ou à ski de fond, c’est différent de construire des maisons dans les arbres, faire du quad dans une carrière ou de la motoneige à Pouillerel.

Nous demandons que le Conseil communal nous trace les lignes directrices de sa conception du tourisme vert et de l’écotourisme sur le territoire communal. Jusqu’où voit-il les limites de la « modernité » et des désagréments possibles (autant pour les citoyens que pour la faune et la flore), quelles retombées directes y aurait-il à développer ce type d’activités autour de la ville ? De même, nous aimerions voir clairement définies la gestion et la vocation futures du site du Gros-Crêt-Pouillerel.

Pourrait alors se mettre en place une ver(i)t(abl)e politique touristique communale ou intercommunale en lien avec l’Office du tourisme neuchâtelois.

Rédigé par Daniel Musy

Publié dans #Urbanisme et environnement

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