Dézonage de Bulles 32b pour un swin golf

Publié le 30 Novembre 2007

Le projet de dézoner une dizaine d'hectares de terres agricoles aux Bulles pour la mise à l'enquête d'un swin golf a suscité l'intervention suivante de ma part. L'ensemble du Conseil général a voté le dézonage, sauf la popiste Pascale Gazareth et moi-même. Voici le texte de mon  intervention.

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Ce rapport est en lien avec notre motion déposée en mars et acceptée lors de la dernière séance. Cette motion demande que le Conseil communal nous trace les lignes directrices de sa conception du tourisme vert et de l’écotourisme sur le territoire communal. Jusqu’où voit-il les limites de la « modernité » et des désagréments possibles (autant pour les citoyens que pour la faune et la flore), quelles retombées directes y aurait-il à développer ce type d’activités autour de la ville ? C’est dire que nous sommes en même temps contents et un peu surpris qu’on nous présente ce projet. Content parce qu’il marque une volonté de la ville d’encourager un tourisme vert, surpris parce qu’on ne voit pas encore les lignes directrices et qu’on n’est pas au courant d’éventuels autres projets. C’est la raison pour laquelle, entre notre séance de préparation de la semaine passée et aujourd’hui, une série de questions se sont fait jour et ne garantissent pas que notre groupe votera à l’unanimité ce rapport. Nous attendons les réponses du Conseil communal pour nous prononcer.

Au premier abord, ce projet de dézonage pour un swin-golf semble s’inscrire dans la douceur d’un tourisme vert avec de nombreux avantages : cette activité, d’ailleurs quasiment pas présentée dans le rapport, est facile, adaptée à des familles puisque des enfants dès 8 ans peuvent la pratiquer, à des tarifs peu onéreux ( autour de 15 francs le parcours). Le terrain est nettement plus petit qu’un terrain de golf, facile  et surtout moins contraignant à entretenir puisqu’un pré suffit pour le jeu. Les arbres, buissons et autres éléments lié au biotope du lieu sont préservés et forment des obstacles naturels propres à ce jeu.

Tous ces éléments positifs s’inscrivent pourtant dans un contexte flou et plein de paradoxes que nous voudrions évoquer :

A) Un paradoxe environnemental lié au problème de ce que le rapport appelle le développement peu gourmand en ressources nouvelles. Sport écologique certes, mais avec un accès en voiture et 35 places de stationnement.

B) Un flou économique : sera-ce vraiment rentable dans un lieu pentu côté nord, avec peu de dégagement et un mur de sapins, les autres swin-golfs de Suisse marchent-ils tant que cela ? Est-ce une mode passagère qui lassera après quelques années ? Vous me direz que c’est l’affaire du propriétaire. Je vous répondrai qu’on doit voter un dézonage pour une zone de loisirs aux succès incertain. Qu’on ait des agriculteurs qui veulent diversifier leurs activités, magnifique ! Mais à quel prix ? En acceptant ce rapport, n’ouvrons-nous pas la boîte de Pandore ?

C) Un flou dans la demande et dans l’affectation. Il faut savoir que le bâtiment Bulles 32b, dans lequel les équipements nécessaires au swing golf prévu (sanitaires, buvettes, dépôts) seront aménagés, abrite des réunions de l’Eglise du Réveil, et cela dans l’absolue liberté d’exercice des cultes dans notre République. J’ai devant moi, tiré du site Internet de l’Union des Eglises évangéliques du Réveil, la description suivante : Anniversaire de la Maison des Bulles Le dimanche 9 septembre 2007, nous avons vécu notre culte à la "maison des Bulles 32b", lieu d'accueil, de relation d'aide (personnes victimes d'abus) et de séminaires, il est tenu par une petite équipe très dévouée. Est-on donc sûr que c’est bien pour un swin-golf qu’on dézone et non pour une congrégation religieuse ? Et si le swin-golf fait faillite, le parking et la buvette serviront-ils aux fidèles uniquement alors que les terres reviendront en zone agricole ? L’église du Réveil, sise sauf erreur de ma part rue du Nord 116, déménagera-t-elle à Bulles 32b ?

D) Un paradoxe dans la politique foncière suivie : dans ce coin de notre territoire communal, les terres agricoles sont recherchées par des agriculteurs qui voudraient, pour augmenter la rentabilité de leur domaine, louer des terres supplémentaires. Pourquoi alors supprimer des terres agricoles au profit de zones de loisirs ? Cette question est centrale et nous pouvons légitimement nous demander si par notre vote nous ne commençons pas gentiment à urbaniser notre campagne environnante. Demande d’agrandissement du parking du Gros Crêt, demande de dézonage au Basset pour une buvette et un parking, quels sont les prochains projets, s’il y en a ? Quelle politique veut-on dans cette ville ? Une politique au coup par coup ou globale avec une réflexion d’ensemble.

Bref, nous souhaitons avoir des garanties sur les problèmes soulevés avant de nous prononcer définitivement.

Rédigé par Daniel Musy

Publié dans #Urbanisme et environnement

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marinette matthey 30/11/2007 13:58

Merci Daniel pour ton engagement politique et citoyen.
Tu as pris la peine de te renseigner au delà de l'information officielle émanant des autorités. Tu poses des questions essentielles, notamment aux écologistes de cette ville.
Bien à toi
Marinette