Trois femmes et deux hommes candidatEs PS au Conseil communal

Publié le 23 Janvier 2008

Annie Clerc, Viviane Houlmann, Silvia Locatelli, Didier Berberet et Laurent Kurth. TelLEs sont les 5 candidatEs socialistes au Conseil communal pour les élections du 27 avril.  C'est la meilleure liste possible puisque les femmes, l'expérience et le renouveau prédominent et qu'il semble que les autres partis peinent à recruter des dames volontaires et engagées. Faisons un tour d'horizon de la situation.

Cette élection est aussi incertaine et ouverte qu'en 2004, date de l'instauration de l'élection directe à la proportionnelle. Seule grande probabilité, la gauche devrait garder ses trois sièges au vu des rapports de force des dernières élections fédérales (54,5 % à la gauche et 42 % à la droite, PDC exclu). Partons de cette hypothèse pour analyser la situation qui se résume en deux grandes questions :

a) Comment se répartiront les 3 sièges de la gauche ?
Le pronostic le plus vraisemblable est que le POP perdra son siège au profit des Verts. En effet, la législature se terminera bien pour les finances de la Ville puisque les comptes seront très nettement moins déficitaires que prévu (12 millions) et même peut-être bénéficiaires. En 2004, Mme Berthet, radicale, avait laissé un déficit de 5 millions dans les comptes 2003. De plus, de grands projets communaux ont été mis en place (Crêt-du-Locle, quartier Le Corbusier, candidature UNESCO) sous la conduite des socialistes et la très forte pression politique exercée par la section socialiste du Haut a permis, maigre consolation, d'avoir le site mère-enfant à La Chaux-de-Fonds. La compétence, le travail et l'influence des deux conseillers communaux Berberat et Kurth sont indéniables : leur bilan est très positif. Ils ne traînent aucune casserole derrière eux, à la différence de leur collègue de Neuchâtel. Le problème du double mandat de Berberat a été réglé par un récent congrès socialiste. Fin 2009, il devra choisir de rester à Berne ou à La Chaux-de-Fonds, contrairement à ce qui se passe avec Daniel Brélaz et Robert Cramer. Le principal handicap des socialistes est la gestion contestée des affaires cantonales dans plusieurs domaines sociaux et régionaux et la défaite des élections fédérales. Il n'y donc aucune raison pour les socialistes d'aborder ces élections avec la certitude du statu quo.

Une surprise est en effet possible qui pourrait leur faire perdre le second siège. Il faudrait la conjonction de quatre données : une remontée de la droite, un bon score du nouveau venu PDC qui prendrait des voix aux socialistes, une mauvaise campagne des Verts qui n'émergeraient pas bien avec Patrick Erard et enfin une épique résistance du POP qui ferait presque jeu égal avec les Verts. Ainsi, scénario fictif, avec une gauche à 53 % répartis ainsi : 26% pour les socialistes, 13,2 % pour le POP et 13,7 % pour les Verts, chaque parti de gauche empocherait un siège au Conseil communal. Il faut savoir que pour garder ses deux sièges, le PS doit faire au moins deux fois plus de suffrages que le dernier parti de gauche.

Je ne vois pas comment Jean-Pierre Veya qui a été tracé à 40% sur les listes POP du Conseil national pourrait rebondir dans ces prochains mois. Il n'a ni l'aura d'Alain Bringolf ni l'expérience de Claudine Stähli. Sa capacité à attirer des électeurs d'autres partis est faible. Son bilan aux Sports, aux Affaires culturelles, à la Jeunesse et à la Santé ne sera pas ici jugé mais sera déterminant dans la campagne de son parti. Du côté des Verts, le score moyen de Patrick Erard au mois d'octobre, le bilan mitigé de Fernand Cuche au Conseil d'Etat et, apparemment, la très grande difficulté de ce parti d'avoir des femmes sur sa liste sont aussi des handicaps. Bref, chaque parti de gauche part avec de faiblesses. Qu'en est-il de la droite ? Ce n'est pas plus glorieux, surtout après le cataclysme du 12 décembre.

b) L'UDC peut-elle gagner un second siège ?
La réponse à cette question est entièrement dans les mains du parti radical-libéral. Il semble exclu que les trois partis de droite présentent 5 candidats sur une liste commune. Ce serait la disparition du centre-droit et la porte ouverte à un quatrième siège de la gauche. Comme il est mathématiquement certain que l'UDC conservera son siège avec Pierre Hainard, qui est un bon conseiller communal dans l'esprit radical qui l'anime toujours, il reste deux possibilités au nouveau parti libéral-radical dans la course au Conseil communal : aller seul sans apparentement avec l'UDC mais avec un risque énorme : ne pas atteindre le seuil des 16,6 % nécessaires pour la conservation de son siège. Ou s'apparenter avec l'UDC et ainsi conserver le siège car jamais l'UDC ne fera deux fois plus.

Le problème est important pour les libéraux puisqu'ils partent aux élections sans leur sortante, la très compétente Josette Frésard, et avec les casseroles toujours pétaradantes de Michel Barben. De plus, comment se reconstruire au niveau communal après le 21 octobre et le 12 décembre, en commençant par se jeter, une fois de plus, dans les bras de l'UDC ? En effet, il n'y absolument rien de commun entre les élus actuels du centre droit au Conseil général et le parti blochérien. Tout les oppose dans les idées : les dernières séances du Conseil général ont montré des fractures immenses dans la vision de l'avenir de la ville. Les inimitiés qui avaient poussé Pierre Hainard à quitter le parti radical sont toujours bien visibles.

Je pense néanmoins que les libéraux-radicaux s'apparenteront à l'UDC, au prix de déchirures internes qui devraient voir certains de leurs élus actuels renoncer à se représenter aux élections. Le grand espoir de leur liste sera, si je suis bien informé, Xavier Huther, un conseiller général modéré, ouvert, intelligent et pointu dans plusieurs domaines : un humaniste. Il incarne l'avenir d'un centre-droit qui depuis octobre 2003 est à la dérive dans notre ville. Je rappelle le score de ce centre-droit aux dernières élections fédérales du 21 octobre 2007 : 16,18 %, listes radicale et libérale confondues, leur score le plus bas depuis 1848 dans notre ville.

Rédigé par Daniel Musy

Publié dans #Réflexions générales

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