Sacrés pistolets, ces libéraux !

Publié le 22 Février 2008

Hier soir, en fin de Conseil général, le parti socialiste a demandé des explications au Conseil communal sur la vente des pistolets de la police locale. C'était aussi une façon de répondre à l'attaque personnelle dont a été victime, une fois de plus, Didier Berberat.

Ci-dessous, les gracieusetés écrites le 1er février par les deux présidents des sections locales libérale et blochérienne dans le journal du parti libéral. Ce texte au-dessous de la ceinture sous-entend que Didier Berberat pourrait être tenu responsable des conséquences de la vente de ces pistolets.

hainard-schafroth022-copie-1.jpgTexte reproduit ci-dessous :

Monsieur le Conseiller communal en campagne électorale,
Si nous comprenons l'oppressante situation dans laquelle vous vous trouvez en qualité de candidat à votre propre succession au mois d'avril prochain, nous ne pouvons accepter que vous vous serviez d'un drame pour manipuler l'opinion publique.
En effet, l'homicide perpétré à La Chaux-de-Fonds le 6 janvier écoulé et par lequel vous tentez de tromper la population (par le biais d'un courrier des lecteurs paru dans les quotidiens neuchâtelois) a été commis par une arme qui n'appartientplus àl 'armée depuis près de 15 ans...
Il est dommage que votre formation d'avocat ne vous ait pas permis de faire la différence entre les armes de service communément appelées d'ordonnance et celles acquises à titre privé.
Les armes de services des miliciens devraient assurément pouvoir être déposées dans un arsenal et c'est un débat.
Il en est un autre, celui de la désinformation lancée par un candidat inquiet de sa réélection et qui utilise un drame familial pour en faire un support électoraliste.
Car en effet, l'arme utilisée lors du drame ne peut être que privée, l'auteur ayant assurément, depuis de nombreuses années, terminé ses obligations militaires. L'amalgame que vous faites est ainsi crasse. Même avec la possibilité de déposer les armes à l'arsenal, ce drame n'aurait pas pu être évité.
Nous savons, que tant en 2005 qu'en 2006, la police locale de La Chaux-de-Fonds a procédé à la vente de ses armes de service (ces armes étaient donc propriété de la ville) aux agents dudit corps de police, sous seing privé (selon le même schéma que celui adopté par l'armée).
Certaines de ces armes sont d'ailleurs en vente sur Internet...
Nous nous étonnons ainsi qu'en qualité de Conseiller communal en exercice vous n'ayez entrepris aucune démarche.
Que ferez vous demain si un homicide était perpétré au moyen d'une arme dont le propriétaire antérieur était la Ville de La Chaux-de-Fonds?
Nous l'ignorons, mais en aucun cas nous n'adresserons un courrier des lecteurs aux quotidiens neuchâtelois pour dire que vous étiez en charge, à titre de suppléant, de ce dicastère...

Parti Libéral-PPN, Frédéric Hainard    UDC, Marc Schafroth

Dans une déclaration lue devant le Conseil général, le Conseil communal explique que cette vente s'est faite sans qu'il ait été saisi de la question par M. Barben ou Mme Frésard. Celle-ci, ou son précédent collègue, Michel Barben (que le parti socialiste a toujours respecté sans jamais l'attaquer personnellement), auraient dû considérer que mettre en circulation des armes obsolètes ayant servi à la collectivité publique, même à des policiers, est éthiquement et politiquement illégitime si ces armes ne sont pas démilitarisées.  D'ailleurs Mme Frésard, ce fut la détonation de la soirée, a aussi acheté un ou deux pistolets : surprenant de la part d'une magistrate en ces temps où la détention d'armes pose des problèmes de société.

En conclusion, le Conseil communal a souligné que Didier Berberat a l'entier droit, comme parlementaire fédéral, d'exprimer les points de vue qu'il veut sans que ceux-ci engagent le Conseil communal. Enfin, il est demandé aux personnes ayant acquis ces armes comme souvenir de les rendre mécaniquement hors d'état de marche. Le Conseil communal exigera un droit de réponse dans le journal des libéraux.

Bref, ceux-ci se sont tirés une balle dans le pied, à force de vouloir prendre les armes contre les autres. Prémonitoire de leur futur destin ?

Le commentaire de Robert Nussbaum dans l'Impartial de samedi est encore plus croustillant :


Climat électrique

COMMENTAIRE - Par Robert Nussbaum

C’est drôle, la politique.

L’attaque de Frédéric Hainard (libéral) et Marc Schafroth (UDC) contre Didier Berberat sur la vente des pistolets de l’ex-police locale a loupé la cible. Dame, les conseillers communaux responsables de la police étaient Michel Barben puis Josette Frésard, deux libéraux-PPN!

Mais ne nous dites pas que les socialistes n’ont pas sauté sur l’occasion. Leur interpellation urgente de jeudi n’était pas si urgente (malgré la conviction de l’interpellatrice Sarah Diaz). Sauf pour en boucher un coin à la droite. La précipitation de Laurent Kurth d’annoncer que le Conseil communal ferait de toute façon une déclaration confirme le soupçon.

Mais il n’y a pas que l’histoire des armes qui montre que le climat de campagne électorale – les communales sont pour fin avril – devient électrique. Avec même des phénomènes paranormaux. Radicaux et libéraux en bisbille grave à propos de Sylvia Morel ont parlé d’une seule et même voix sur tous les rapports de la soirée! En passant, Sylvia Morel a paru elle calme et sereine.

L’UDC a aussi fait dans l’étrange, en plantant des piques dans les côtes de son conseiller communal Pierre Hainard sur les déchetteries. Par association d’idées, on se prend à imaginer Hainard père (UDC) et fils (libéral) élus tous deux à l’exécutif, qui ne pourraient légalement pas siéger ensemble....

Futurs électeurs et électrices, allez y retrouver vos petits... Mais que cela ne vous dispense pas de voter. Et de regarder les programmes des partis en passant. La politique, c’est aussi sérieux.

Rédigé par Daniel Musy

Publié dans #Réflexions générales

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