Le parti libéral spolie ses électeurs de leur choix

Publié le 28 Avril 2008

Après le désistement de Frédéric Hainard au profit de son père, il était dans les règles du système proportionnel que le deuxième de la liste, Laurent Iff, soit conseiller communal. Or, par un tour de passe-passe orchestré par l'équipe du futur et probable candidat au Conseil communal 2012, c'est Pierre-André Monnard, troisième de la liste libérale, qui entre au Conseil communal. C'est la spoliation du choix des électeurs.

Les déclarations des cinq politiciens libéraux et UDC de la vidéo qui suit (Canal Alpha de lundi soir) sont édifiantes. Je partage la colère de J.-C Legrix.


1. Voyez comment Frédéric Hainard vilipende Jean-Charles Legrix, le traitant d'incapable d'être collégial. ("Un bon conseiller communal a autre choses que des bonnes connaissances en comptabilité, notamment aussi cette faculté de composer dans un collège, de pouvoir aller à la rencontre de toutes les franges de la population. Personnellement je doute que Jean-Charles Legrix aient ces compétences-là, notamment celle de travailler dans un collège et je pense que pour la ville de La Chaux-de-Fonds, une possibilité serait que je me retire pour laisser la place à Pierre Hainard".)

2. Notez la mauvaise foi et l'inconfort de Pierre Hainard qui voudrait nous faire croire qu'il ne connaît rien de la stratégie des libéraux, donc de son fils. ("Je ne suis pas au courant de ce qui va se passer au niveau du parti libéral")

3. Considérez la déception de Jean-Charles Legrix et sa colère de voir la démocratie ainsi bafouée par les siens. ("Quelque chose ne joue pas très bien; des gens sont candidats, Monnard est deuxième viennent-ensuite et c'est un mauvais signe pour la démocratie; sur RTN, Legrix disait : ce qui est un petit peu dérangeant, c'est  que des personnes se mettent sur des listes; on est dans un système démocratique; j'accepte la démocratie mais pas que des personnes mises sur des listes et élues se retirent."

4. Ecoutez surtout bien Laurent Iff qui semble ne rien connaître aux règles et aux principes éthiques et politiques du système de l'élection proportionnelle; il veut nous faire croire que c'est comme un self-service : tous les plats peuvent faire l'affaire et on compose son menu soi-même : "nous avons présenté une liste de 5 personnes toutes capables de prendre ce poste de conseiller communal" ).

Ce que Iff oublie, c'est que les électeurs ont tranché et l'ont choisi lui, sachant qu'en deuxième position, il avait de fortes chances d'être au Conseil Communal si F. Hainard était premier.  De plus, un écart significatif de près de 10% sépare Iff de Monnard, (97 voix de moins que les 1013 de Iff) alors que Xavier Hüther suit Monard à 6 voix près. Iff est donc bien démocratiquement et politiquement obligé, dans le sens de la valeur de nos institutions, d'accepter son élection. En le refusant, il bafoue la démocratie, fait passer l'intérêt particulier avant l'intérêt général (le sens d'une élection à la proportionnelle) et spolie une centaine de ses électeurs de leur choix.

L'argument du changement de sa situation professionnelle après le dépôt des listes est peu convaincant car,
s'il avait été correct avec ses électeurs, Iff aurait fait savoir avant l'élection qu'il ne pourrait pas siéger pour des raisons professionnelles. Il en avait largement les moyens, par exemple par une annonce dans l'Impartial ou une conférence de presse, ou alors, plus discrètement, par un courrier personnalisé à des électeurs ciblés.

5. Compatissez avec Pierre-André Monnard qui se console en pensant qu'il pourra s'appuyer dans son chemin de croix sur 4 collègues expérimentés.


La vie politique de notre ville trouve ainsi dans cet épisode qui entrera dans l'histoire le plus triste moment d'une élection communale. Les partisans d'une élection indirecte y verront la preuve de leurs convictions. La mienne, déjà exprimée dans ce blog le 15 février 2008, est qu'il faut en arriver à une élection au système majoritaire ou, au minimum à faire revoter la population en cas de désistement ou de vacance.

Je n'ose pas imaginer quelles seront dès mardi les réactions des autres partis, surtout du parti radical. Les débuts de la nouvelle législature seront peut-être très difficiles avec ce parti libéral mené par un hyper actif aussi effréné que Frédéric Hainard. Nous saurons le calmer au Conseil général et laisserons Monnard travailler en paix.

Mais nous n'oublierons jamais ces manoeuvres faisant fi, avec une pareille mauvaise foi et une si grande légèreté, des valeurs démocratiques.






Après avoir écrit l'article ci-dessus, je tombe ce matin mardi 29 avril sur l'éditorial du Temps qui est encore plus sévère










 

Rédigé par Daniel Musy

Publié dans #Réflexions générales

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(Clovis Simard,phD) 23/02/2012 18:06

Mon Blog(fermaton.over-blog.com),No-19. - THÉORÈME CHAREST LE MAUVE. - L'AVENIR DE JEAN CHAREST.