Le sommeil de la raison engendre des monstres

Publié le 26 Septembre 2008


Gravure de Goya, 1799


Extraits du rapport du Conseil communal de la Ville de La Chaux-de-Fonds, ville de gauche depuis 1918, sur la restructuration des institutions muséales, rendu public le vendredi 27 septembre 2008 et en consultation jusqu'au 10 novembre 2008 :



a)




b)
Je signale que je suis membre de la Commission du musée des beaux-arts depuis 24 ans. J'ai en été le Président de 1992 à 2000 et n'ai eu de cesse, comme ma successeure Catherine Corthésy et mon prédécesseur Alain Tissot, de garantir que la gestion  et le contrôle du musée correspondent scrupuleusement au réglement de cette institution communale, de ce service communal même puisque l'ancien conservateur et la nouvelle conservatrice étaient chef de service.

Tous les rapports de gestion du MBA furent et sont contrôlés par notre commission et jamais le Conseil général, autorité politique suprême, n'a remis en question la gestion de l'institution communale qu'est le MBA. Les membres des commissions de gestion des musées sont toujours d'ailleurs nommés par le Conseil général au début de chaque législature.

Ces extraits du rapport du Conseil communal constituent donc une blessante insulte à l'égard des institutions de sa propre ville et une grave dérive par rapport à leur fondement et leur fonctionnement démocratiques.

Le dénigrement des professions de la culture, tout comme  le discrédit des institutions démocratiquement contrôlées, sont indignes des valeurs de gauche que je défends.

Francisco, que se passe-t-il ?

Je salue la naissance, dès mardi 30 septembre, d'un blog cito
yen sauvonslesmusees.
Il réveillera je l'espère les consciences endormies et mérite d'être alimenté.


 

Rédigé par Daniel Musy

Publié dans #Culture

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Daniel Musy 20/10/2008 13:23

Jean du haut, que je remercie à mon retour d'Espagne, a raison : l'argument du mariage à La Chaux-du-Mileu n'est que sentimental et symbolique.Par contre, c'est Francis Jeanneret-Gris qui m'a fait aimer et connaître Le Locle, à travers son amitié, toujours présente dans mon coeur, et ses textes.

Jean du haut 07/10/2008 10:50

Aaahhh... enfin une bonne prise de position de notre "Bernard Henry Lévy" local!Bravo pour votre prise de position...remarques : Est-ce que le fait de naître ou de se marrier dans une commune est un argument "raisonnable"?  La raison ne doit-elle pas se suffire a elle même?

Théo Bregnard 03/10/2008 18:27

En effet, le Conseil communal n'est pas le Conseil général... Et heureusement, parce que je ne m'en sens aucunement solidaire sur ce rapport! J'espère bien qu'après la grogne ambiante, ce dernier reviendra sur ses décisions! Au pire, le Conseil général pourra toujours s'opposer à la création d'un nouveau poste de chef de service!

Pour le reste, ce rapport est lamentable, il discrédite le passé (que l'auteur méconnaît sur de nombreux points) et les conservateurs (comme beaucoup l'ont dit) afin d'atteindre des objetctifs "mesurables" digne d'une cutlure d'entreprise - concurrence, promotion, image, public à satisfaire (offrez-lui des bonbons), management, etc! On recherche une nouveauté, parce qu'il faut changer... et que "la société change"... MERCI, on est heureux de le savoir!

Bon, maintenant, on a une nouvelle cheffe qui a réussi à convaincre ses supérieurs qu'elle était la personne de la situation (on se demande comment?)... Donc, tout est parfait dans le meilleur des monde! Suivez le guide!

anemone 03/10/2008 13:52

Merci Daniel pour tes précisions, ta réponse, à ma question certes un peu naîve, met en lumière un vice de forme assez révélateur sur la manière peur reluisante de prendre des décisions. Ingérence, destruction, déplacement forcé! la méthode devient un peu lassante car elle se répète de ville en ville avec des échecs toujours cuisants.

Daniel Musy 02/10/2008 13:54

Je réponds à Anémone qu'elle fait une confusion sur les compétences du Conseil général. Celui-ci est composé de 41 élus de la Ville et n'a rien à voir ni à dire sur les entretiens et nominations faits par le Conseil communal : c'est la compétence d'un exécutif que d'engager le personnel d'une collectivité publique. L'erreur du Conseil communal est d'avoir définitivement nommé une directrice des musées alors que le rapport sur la réorganisation (donc sur la nécessité ou non d'une directrice) est en consultation. Par contre, a) c'est le Conseil général, le législatif, qui vote le budget de la Ville, c'est-à-dire la manière dont l'argent des citoyens va être dépensé. Sur ce point, les partis politiques, au nombre de six dans notre ville (25 gauche-15 droite), voteront le budget le 16 décembre. Il est bien possible que si ce budget est présenté avec le maintien du poste de directrice des musées il soit tout simplement refusé par la majorité. En l'état actuel, on ne peut rien dire mais le Conseil communal (qui n'est pas comme le pense Anémone "un" parti politique, mais un collège de 5 hommes représentant 4 partis) a bien du souci à se faire.b) la commission culturelle de la ville, organe consultatif composé de représentants des partis politiques et du monde culturel, aurait dû être au moins consulté sur la confirmation de la nomination de Mme Evéquoz. Il n'en a rien été et il y a quelque part vice de forme.En résumé, le Conseil communal, à la raison endormie (cf Goya) a produit une monstruosité : à nous, éluEs, de le faire revenir à la raison, par discussions d'abord, par décisions ensuite s'il persiste dans son aveuglement. Je maintiens ma position annoncée précédemment : si le Conseil communal persiste à vouloir, à travers la directrice des musées, diriger les options culturelles, ainsi que le prétend le rappprt RIMUS, je ne voterai pas ce budget. C'est la moindre des fidélités aux 2390 électrices et électeurs qui m'ont réélu le 27 avril 2008.