Aménagement de la rue du Collège-Industriel

Publié le 27 Mars 2007



Hier soir, au Conseil général, la gauche unanime a soutenu le modeste projet (350'000 francs d’investissement amorti sur 10 ans, soit 1 franc par habitant pendant 10 ans) de l’aménagement de la rue du Collège-Industriel. L’UDC a refusé le projet, menacé maintenant d’un referendum. Le centre-droit voulait l’aménagement pour 50'000 seulement, ce qui n’aurait même pas permis de construire des bandes de protection pour les piétons !



La Chaux-de-Fonds est vide de projet conviviaux et modernes d’aménagement de son centre-ville. Ses proches voisines, Neuchâtel avec les environs de la gare, Yverdon et Delémont devant leurs gares, Bienne et sa place centrale, ont investi récemment des millions pour donner de l’espace aux piétons. Notre ville souffre d’un manque d’ « espaces intimes », des espaces piétonniers comme la Carmagnole et la rue de l’Avenir. Ces espaces font respirer les piétons, permettent de traverser des parties urbaines en sécurité, sont aménagés pour le repos ou les jeux, offrent des perspectives architecturales intéressantes à l’œil, bref sont essentiels dans les villes modernes de plus en plus asphyxiées par le trafic automobile.

L’échec cuisant de la zone de rencontres sur le Pod était justifié par les coûts élevés et surtout par une mauvaise conception générale de l’axe vertébral de transit que constitue le Pod, dont la vocation est de faire circuler le flux automobile.

Sous l’impulsion de Laurent Kurth, directeur de l’urbanisme, des projets plus modestes, et annoncés depuis longtemps, devraient voir le jour : aménagements de la rue du Collège-Industriel, de la place de l’Hôtel-de-Ville devant la brasserie, de la rue du Marché et de la place de la Gare. Pas de projet pharaoniques, mais modestes, qui doivent cependant avoir une certaine allure. Une ville qui n’investit pas dans son urbanisme meurt à petit feu.

La position de l’UDC, n’est donc pas surprenante. Son arsenal rhétorique, hier soir déployé par son nouveau président du section, Marc Schafroth (qui est le seul conseiller général également fonctionnaire communal, au SIS) fait fi de toute logique. Pour lui, le rapport proposé est un piège présenté de façon détournée, cet aménagement accroîtra l’insécurité des piétons, il est en dehors d’une zone commerçante et les commerçants sont mécontents, il n’a pas de sens.

J’ai répondu à l’UDC qu’il n’y avait pas de piège dans un rapport qui se discute au Conseil général et qui avait été annoncé dès décembre dans la planification financière 2007. Ce n’est pas un projet luxueux, il n’empêche pas les voitures de circuler, il a du sens par rapport au point nodal qui constitue Espacité, et surtout, il a de l’allure (chaussée rehaussée à hauteur des trottoirs, beaux candélabres).


Ce billet se terminera sur une note optimiste. Si referendum il y a, il devrait permettre au Conseil communal de présenter son projet global pour les prochaines années (l’essentiel étant surtout la rue du Marché et la place de la Gare).

Je lui suggère de profiter du referendum pour consulter (d'une manière qui reste à définir) la population sur ce qu’elle veut au début du Pod : le replantage des arbres ou une borne centrale avec circulation automobile et des trottoirs plus larges. Je lui suggère aussi de reconsidérer la pertinence de l'axe de rencontres (cf mon prochain billet). Dans ce sens, la position des libéraux-radicaux qui souhaitaient privilégier cet axe sera à considérer dans le cas d'un refus du projet.

Le refus de l’aménagement de la rue du Collège-Industriel en votation populaire est assuré si le referendum aboutit mais l’UDC, à la fin de la séance, a tourné casaque. En effet, ce parti qui au début de la discussion ne voulait rien entendre d’un quelconque compromis, a fini par voter l’amendement libéral qui voulait l’aménagement pour 50'000 francs, somme d’ailleurs que le Conseil général n’est pas habilité à voter car elle est en-dessous de 100'000 francs !!!


 

Rédigé par Daniel Musy

Publié dans #Urbanisme et environnement

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dissertation 08/08/2009 09:03

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René Zaslawsky 04/05/2007 06:19

Quel beau texte.

Et ensuite, courageusement, la gauche majoritaire a négociée dans la crainte d'un référendum déposé par l'UDC, l'abandon pur et simple de son projet pourtant déjà voté par sa majorité en échange de ce qu'elle possédait déjà : Une place du marché avec des trottoirs élargis pour les commerçants (dont parle Monsieur Schaffrot sans doute).

Elle a renoncé à un espace piétons gagné sur la route au profit d'un parking recentré sur la place du marché.

Elle a reculé pour cela tandis que, au moment de la création du parking souterrain d'espacité, en 1990, elle avait déjà promis de supprimer en échange toutes les places de parc en surface de la place du marché.

Elle a renoncé donc à cette rue qui n'était plus qu'une miette du projet culturel de l'axe piéton nord sud de sa défunte "zone de rencontre" qui devait initialement relier le musée de Beaux-Arts avec la Bibliothèque du "Collège industriel".

Et ensuite, les élus de gauche s'étonnent de phrases du genre :
"A quoi bon voter ?", "La gauche et la droite c'est du pareil au même".
Ils s'étonnent que nombre d'électeurs ouvriers choisissent l'UDC.

Et bien moi, je ne m'étonne pas. Je comprends leur désarroi.

A quoi bon une majorité de gauche si une menace de référendum d'un tout petit parti comme la section chaux-de-fonnière de l'UDC peut annuler une décision déjà votée ?

Le risque de voir aboutir et gagner le référendum est-il si présent ?

Le projet de rue piétonne est-il donc si MAL FOUTU ?

René Zaslawsky 04/05/2007 06:16

Quel beau texte.

Et ensuite, courageusement, la gauche majoritaire a négociée dans la crainte d\\\'un référendum déposé par l\\\'UDC, l\\\'abandon pur et simple de son projet pourtant déjà voté par sa majorité en échange de ce qu\\\'elle possédait déjà : Une place du marché avec des trottoirs élargis pour les commerçants (dont parle Monsieur Schaffrot sans doute).

Elle a renoncé à un espace piétons gagné sur la route au profit d\\\'un parking recentré sur la place du marché.

Elle a reculé pour cela tandis que, au moment de la création du parking souterrain d\\\'espacité, en 1990, elle avait déjà promis de supprimer en échange toutes les places de parc en surface de la place du marché.

Elle a renoncé donc à cette rue qui n\\\'était plus qu\\\'une miette du projet culturel de l\\\'axe piéton nord sud de sa défunte \\\"zone de rencontre\\\" qui devait initialement relier le musée de Beaux-Arts avec la Bibliothèque du \\\"Collège industriel\\\".

Et ensuite, les élus de gauche s\\\'étonnent de phrases du genre :
\\\"A quoi bon voter ?\\\", \\\"La gauche et la droite c\\\'est du pareil au même\\\".
Ils s\\\'étonnent que nombre d\\\'électeurs ouvriers choisissent l\\\'UDC.

Et bien moi, je ne m\\\'étonne pas. Je comprends leur désarroi.

A quoi bon une majorité de gauche si une menace de référendum d\\\'un tout petit parti comme la section chaux-de-fonnière de l\\\'UDC peut annuler une décision déjà votée ?

Le risque de voir aboutir et gagner le référendum est-il si présent ?

Le projet de rue piétonne est-il donc si MAL FOUTU ?

RZ

Fabien 28/03/2007 11:06

Encore une séance complétement surréaliste ! J\\\'étais pas d\\\'accord avec tous ceux qui disent que le fait de baisser le crédit de 300\\\'000 à 50\\\'000.- de la part des radlib était un geste d\\\'ouverture. C\\\'est par contre clairement un manque de culture politique. C\\\'est comme si, en référence à mon refus du rapport sur la rue des Crêtets, je venais avec un amendement qui demandait que les travaux projetés soient effectués avec 100\\\'000 plutôt que 600\\\'000 francs, c\\\'est une abération parce que le projet du rapport ne tient alors simplement plus. C\\\'est débile et la position la plus claire était simplement de refuser l\\\'entrée en matière.Dans cette ville, quand il s\\\'agit d\\\'améliorer le réseau de routes (pour le trafic individuel), tout le monde applaudit des deux mains et quand il s\\\'agit de faire la moindre pour les piétons et les cyclistes, c\\\'est tout de suite non, avec comme argument que les chaux-de-fonniers ont refusé il y a des années un projet pharaonique de remodelage du POD. Mais la rhétorique populiste est bien là quand un UDC dit "Nous avons notre légitimité, 75% de la population nous soutient" ou encore "la population est avec nous pour refuser ce projet". C\\\'est une vision immobile, comme si dire une fois non revient à ne plus rien faire (alors que l\\\'UDC sait parfaitement revenir sur la décision du quand ça l\\\'arrange. Le débat surréaliste de l\\\'autre fois sur la modification du réglement communal pour les pacsés est un exemple.)J\\\'espère que le référendum ne sera pas lancé, le coût de la votation sera presque aussi cher que l\\\'aménagement de la rue !