L'agglocentrisme dans notre République

Publié le 6 Février 2012

Ce soir au Conseil général, tous les partis politiques ont demandé au Conseil communal de réagir à la position de la ville du chef-lieu sur l'avenir du canton, des hôpitaux notamment. Voici cette interpellation dont je suis l'initiateur.

 

 

 

Conseil général du lundi 6 février

Interpellation urgente 

L’agglocentrisme dans notre République


 

A deux mois d’intervalle, la ville du chef-lieu a publié des communiqués sur la politique hospitalière du Conseil d’Etat. Le premier revendiquait toute « la chirurgie » avec un lapsus. « La-Chaux-de-Fonds » (sic) n'y était même pas orthographiée correctement : un trait d'union fantasmatique pour enlever tous les traits d'union dans la réalité.

 

La semaine passée, c’est la revendication d’un site unique de soins aigus près d’une gare qui fait dire à Serge Jubin du Temps : ils ne disent pas « où localiser cet hôpital, laissant même entendre qu’il pourrait être à La Chaux-de-Fonds. Avant d’émettre des critères qui excluent de fait le Haut: il doit être proche des voies de communication et d’une gare. Or, l’actuel hôpital de La Chaux-de-Fonds est en périphérie de la ville. Tout le contraire de Pourtalès, à un jet de pierre de la gare (…) C’est alors qu’apparaissent, en filigrane, l’ironie et l’arrogance. Sans dire ouvertement qu’il souhaite que l’hôpital unique soit greffé à Pourtalès, le Conseil communal présente ce qui serait bon pour La Chaux-de-Fonds: la rénovation urgente de son enveloppe hospitalière pour y garantir des urgences 24 heures sur 24 et une polyclinique. Condamnant, de fait, l’établissement chaux-de-fonnier à un rôle secondaire et de sécurité sanitaire de proximité. »

 

Et le président de la ville du chef-lieu d’affirmer sur Canal Alpha qu’il n’y « pas de problème pour un site unique à La Chaux-de-Fonds ». Position même pas soutenue par un ferme engagement pour la création du Transrun. Pas un mot sur ce projet dans le communiqué où sont mis en avant la « cohésion cantonale » et le «  projet d'agglomération ».

 

Une agglomération cantonale, quand on présuppose vouloir en être le point central unique, c'est une conception discutable de l'avenir et des défis de notre République.

 

Nous voudrions que notre Conseil communal exprime aujourd’hui devant nous, dans le ton et l’esprit qui lui conviendront, sa réaction face à ce que nous appelons de l’agglocentrisme.

 

 

PS : Daniel Musy      Verts : Pierre-Yves Blanc

UDC : Hughes Chantraine PLR : Sylvia Morel

POP : Pascale Gazareth

 

 

 

 

Voici mon développement de cette interpellation :

 

Nous souhaitons d’abord souligner que cette interpellation est signée par tous les partis de notre ville.

 

Non, dans cet hémicycle, nous ne sommes pas des politiciens bavards de la « Montagne geignante ». Les élus chaux-de-fonniers, loclois et des autres communes des Montagnes neuchâteloises ainsi que leur population ne geignent pas, ils s’engagent, quitte parfois à devoir se battre, pour une République unie, forte et compétitive, une République qui garantit l’équilibre régional inscrit dans la Constitution. Ils défendent la vision d’une agglomération cantonale à deux pôles forts, la ville du chef-lieu et les deux nôtres des Montagnes.

 

L’agglocentrisme, c’est penser le canton de Neuchâtel dans 10-20 ans avec un seul centre et des périphéries ou des banlieues de seconde zone. C’est rénover la maison de la République avec un seul premier étage, celui du Bas et d’autres étages conçus comme des galetas, greniers, des chambres hautes sans ascenseur. Nous ne sommes pas engagés dans notre mandat politique pour avoir cette vision d’une République qui tire un trait sur le sens profond de ce terme, l’unité dans la solidarité et non l’égoïsme, la mise en commun des compétences diverses et non la compétition.

 

Nous ne reviendrons pas dans ce développement sur les péripéties anecdotiques des deux communiqués de la ville du chef-lieu. Si nous avons longuement cité le journal Le Temps, c’est qu’il n’est pas dupe de certains sous-entendus.

 

Nous avons aussi lu avec attention le communiqué décalé du Conseil communal, peut-être mal interprété par certains. Nous souhaitons ce soir lui donner la parole pour qu’il trace les grandes lignes de sa stratégie des prochains mois dans ses rapports avec nos différents partenaires : le Conseil d’Etat, la seconde plus grande commune du canton. 

 

 

Dans sa réponse, le conseiller communal Laurent Kurth comprend l'inquiétude légitime des élus et rappelle un certain nombre d'épisodes des relations récentes avec le CC du chef-lieu.

Alors que les trois villes avaient en 2011 discuté d'un concept d'une agglomération entre CDF, NE et LL, quel ne fut le choc du CC de CDF de lire le communiqué du 1er décembre où étaient stigmatisées les "manoeuvres trop souvent conditionnées par des intentions relevant exclusivement de politique régionale".

Il a ensuite demandé par écrit à la ville du chef-lieu des clarifications sur sa politique, les deux exécutifs se sont rencontrés pour des discussions "franches".

Après le communiqué du jeudi 3 février, le CC de Cdf a refusé tous les débats publics car selon lui, personne n'a à y gagner de la poursuite de la confrontation qui ne fait que "des vainqueurs et des perdants". 

Laurent Kurth a continué en affirmant que "la main est dans le camp des autorités cantonales pour apaiser ce canton". Le projet du Conseil d'Etat de régler la période transitoire d'une dizaine d'années par la rénovation du site de CdF et l'implantation de la chirurgie opératoire laisse ouverte la perspective d'un site unique. Pour cela, il faut des études (sanitaires, économiques, politiques). La ville du Bas propose de supprimer cette période d'attente, ce qui est tout simplement non viable.

 

Je me suis déclaré satisfait par cette réponse.

Rédigé par Daniel Musy

Publié dans #Lien Commune-Canton

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