L'Impar scie à la tronçonneuse

Publié le 23 Septembre 2011

L’Impartial-tronçonneuse. Tel est notre bien-aimé journal local qui s’amuse, avec l’éditorial de son rédacteur en chef sur la querelle des hôpitaux, à scier la branche sur laquelle il résiste. Et cet hara-kiri se fait avec le son du tocsin.

 

 

 

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L'éditorial de Nicolas Willemin (lire ci-dessous) nous déçoit dans son analyse, dans ses présupposés comme dans le choix de ses termes. Plus, il semble ne pas tenir compte que les Montagnes attendent de leur journal local un soutien plutôt que des piques lancées dans leur dos.

 

 

D’abord, N.W. parle d’un hôpital unique de soins aigus que les Montagnes revendiquent à La Chaux-de-Fonds. Il omet qu’elles sont prêtes à admettre que la maternité-pédiatrie pourrait rester à Neuchâtel. De même, il présuppose qu’un hôpital sans soins intensifs reste un hôpital. Pas nous car, ce que nous voulons, avec entre autres l’initiative socialiste, c'est deux sites A.

 

Ensuite, N.W. parle du « ban et de l’arrière ban de la région », des « gens du Haut » de « coup de gueule d’une région » et d’ « effet de manche balancés » du groupe interpartis chaux-de-fonnier, soutenu par le Conseil communal et des centaines d’internautes. Quelle condescendance lexicale ! Mais plus rien ne nous étonne de la Ligue du Sud et d’un de ses plus éminents représentants qui taille ses phrases à la hache, nous aussi d’ailleurs dans ce paragraphe… Car guerre il y a, avec peu d’amour et de générosité de notre Impar pour nous. Et se battre, c'est aussi faire la guerre pour se faire entendre.

 

 

Enfin, il est intéressant de lire, sur son profil Facebook, le texte autrement plus empathique du chef de la rubrique des Montagnes de L'Impartial, Léo Bysaeth, qui aurait mieux valu comme éditorial (lire ci-dessous). Apparemment, NW n’en a gardé que l’image du tocsin.

 

 

Tocsin, sonneras-tu pour battre le rappel quand l’Express-Impar, à l’image de l’hôpital de La Chaux-de-Fonds, sera englouti par le groupe Hersant dans un site journalistique unique, peut-être basé à Sion, à Fribourg, à Lausanne ou je ne sais où ailleurs ?

 

 

 Nicolas, alors, se mordra peut-être les doigts de trop avoir scié la branche…

 

 

 

Faites l’amour, pas la guerre, par Nicolas Willemin, rédacteur en chef de L’Impartial

 

Et si, au lieu de déterrer la hache de guerre, on commençait à se parler! A se parler vraiment bien sûr... Il est aujourd’hui urgent de discuter sérieusement de l’avenir des hôpitaux de ce canton. Et dans ce débat, nous en arrivons désormais à un point crucial.  Au-delà de la question des missions à attribuer aux différents sites de l’Hôpital neuchâtelois, se pose aujourd’hui le problème central d’un hôpital unique de soins aigus, avec des soins intensifs, pour le canton.  Dans les Montagnes, cette idée est impossible à admettre... sauf si cet hôpital était basé à La Chaux-de-Fonds! Mais comme on sait bien dans le Haut qu’il n’y a aucune chance qu’il s’y installe, le ban et l’arrière ban de la région sonnent désormais le tocsin et en appellent à la résistance.




En passant, ils lâchent leur conseillère d’Etat qui, depuis le début de son mandat, n’a pourtant jamais cessé de plaider pour que La Chaux-de-Fonds garde un hôpital de soins aigus. Mais les maladresses de Gisèle Ory dans ce dossier ont été tellement nombreuses que ses «amis» du Haut se sentent aujourd’hui libres de l’abandonner dans son combat. Un combat qui l’amène aujourd’hui à déclarer la guerre à la Providence pour installer l’orthopédie, et plus globalement l’appareil locomoteur, à La Chaux-de-Fonds.


 

 

Mais cette solution ne plaît pas aux gens du Haut car ils se doutent bien que le pôle de l’appareil locomoteur n’assurerait pas le maintien d’un service de soins intensifs ou d’un bloc opératoire ouvert 24 heures sur 24.Or, selon eux, un hôpital sans soins intensifs n’est plus un hôpital!

Le débat hospitalier neuchâtelois n’avait vraiment pas besoin des «effets de manche» balancés hier après-midi! Et si le coup de gueule d’une région peut encore s’expliquer et engendrer l’amorce d’une discussion, la prise de position abrupte d’une conseillère d’Etat en exercice ressemble plus à un jet d’huile sur un foyer qui n’attend que de s’embraser. En quelques semaines, Gisèle Ory a réussi à fâcher tout le monde sans proposer l’once d’une solution.

Le Conseil d’Etat doit d’urgence reprendre la main dans cette affaire et tenter de renouer les fils d’un dialogue. C’est à nouveau la cohésion cantonale qui est en jeu. Une guerre hospitalière serait catastrophique.

 

 

 

 

 

Fatalité mon œil ! par Léo Bysaeth, responsable de la rubrique « Montagnes » de L’Impartial

 

Le canton de Neuchâtel ne peut se payer qu’un seul hôpital de soins aigus. Vouloir en conserver deux serait suicidaire. A terme, cela reviendrait à ne plus disposer d’aucun hôpital dans le canton. C’est ainsi, c’est une fatalité. Un peu comme les sauterelles et les ouragans.


Cette argumentation a le mérite, pour ceux qui s’en prévalent, d’encore enfoncer le clou destiné à clouer le bec aux éternels geignards paranoïaques du Haut. Non seulement ils n’arrêtent pas de se plaindre, mais leurs revendications sont hors de prix et provoqueraient rien moins que la faillite du système si elles étaient satisfaites.


On rappellera à ces thuriféraires de la fatalité que la politique est l’art de faire des choix. Et les choix, le canton les a faits, depuis longtemps – et au détriment du Haut. Donc au détriment de la cohésion cantonale.
Au détriment du bon sens, aussi. On nous explique qu’il faut un seul hôpital de soins aigus. Cet établissement ne peut, évidemment, être situé qu’à Neuchâtel. Il est bien connu, en effet que les 20 km qui séparent Neuchâtel de La Chaux-de-Fonds sont beaucoup plus longs que les 20 km qui séparent La Chaux-de-Fonds de Neuchâtel…
Donc, le mot d’ordre c’est: « Tous à Neuchâtel! ». On sait pourtant que le taux d’occupation de Pourtalès dépasse parfois déjà aujourd’hui les 100 %. La conclusion, c’est que ce n’est pas plus bête de conserver deux hôpitaux de soins aigus que d’en conserver un seul, déjà débordé!


L’art de faire des choix, la majorité politique de ce canton en a fait un large usage ces dernières décennies. On nous explique maintenant qu’on n’a plus le choix. Alors que cette impasse est le résultat de choix précédents, soigneusement opérés et dont le résultat a été l’étranglement progressif du site chaux-de-fonnier de Hne.
La fatalité a bon dos, vraiment. 
La politique est l’art du possible, dit-on. Elle est aussi le fruit de rapports de force. En ce sens l’appel lancé hier par les représentants élus de La Chaux-de-Fonds sonne comme un tocsin.
A l’heure où sont bafoués la logique, la cohérence et la cohésion, l’appel au peuple est le dernier recours.
Un vent d’indignation couve sous la cendre. Sera-t-il assez puissant pour imposer le retour à la raison et offrir aux « enfants heureux de la meilleure des patries » le système hospitalier qu’ils méritent ?

 

 

 

 

 

 


Rédigé par Daniel Musy

Publié dans #Lien Commune-Canton

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