Les réponses rassurantes du Conseil communal à notre interpellation sur Parc 1

Publié le 8 Septembre 2011

Hier soir au Conseil général, dans le développement de notre interpellation sur Parc 1, nous avons souligné que c’est avec espoir et optimisme, dans un esprit nécessaire de dialogue et de conciliations des points de vue, que nous nous exprimions.

 

parc 1

 

 

 

Nous comprenons parfaitement, avons-nous continué, les préoccupations du gérant mais nous sommes surpris et inquiets de la différence entre ses deux déclarations de juin et d’août. Nous continuons d’avoir confiance dans son esprit citoyen, car, en quelque sorte, cette maison emblématique, c’est aussi celle de tous les citoyens de la ville.

 

Le conseiller communal responsable de l’urbanisme, Laurent Kurth a également souligné, au début de sa réponse, « l’état d’esprit remarquable » qui a régné depuis le 17 février. C’est dans ce même état d’esprit que les acteurs actuels, ville et propriétaires, travaillent, avec la nécessité de dialoguer, même s’ils ont des « intérêts divergents ». Les plans déposés « prévoient la reconstruction dans les mêmes volumes que l’ancien immeuble ». La mise à l’enquête a donné lieu à une opposition d’une association (inconnue de nous, dommage qu’elle ne nous ait pas informé) qui conteste les « modalités de reconstruction ». Une rencontre entre ses représentants et les propriétaires aura lieu sous l’égide de Laurent Kurth afin d’arriver à une conciliation. Sinon, le Conseil communal tranchera.

 

L.Kurth a conclu en disant qu’il n’avait reçu à ce jour aucune demande de subvention ; « le cas échéant », le Conseil communal ne pourra entrer en matière qu’en étant en possession des éléments techniques qui entraîneraient d’ « éventuels surcoûts ».

 

Nous sommes donc satisfaits de cette réponse qui garantit que l’enveloppe extérieure du bâtiment respectera les plans d’origine.

 

 

Voici la page de l'Impartial consacrée à notre interpellation :

 

parc article impar

 

LA CHAUX-DE-FONDS

L'incendie de Parc 1 suscite des attaques sur Facebook.

Le gérant répond aux critiques

LÉO BYSAETH

 

Le Conseil général de La Chaux-de-Fonds a débattu mercredi d'une interpellation urgente sur l'immeuble Parc 1, détruit par un incendie le 17 février dernier (lire l'encadré). En marge de ce débat, un groupe s'est créé sur Facebook. Le gérant de l'immeuble se porte en faux contre des affirmations qu'on peut y lire.

Gérant de Parc 1, Dominique de Reynier se disait hier «un peu déprimé». Il ne digère pas les attaques dont il est l'objet de la part de certains participants du groupe ouvert sur Facebook et intitulé «Pour qu'on reconstruise Parc 1 à l'identique». On peut lire notamment l'intervention suivante: «Un immeuble est mal entretenu (donc, pour le propriétaire, plutôt rentable dans sa catégorie) et il part en feu. Alors, pour le reconstruire, on va crier au secours auprès de la collectivité publique! Individualisation des profits et collectivisation des coûts! Vieille histoire constamment actualisée!»

Cette attaque «rate sa cible», estime Dominique de Reynier. Suggérer que «cet immeuble a brûlé parce qu'il n'a pas été entretenu, c'est parler sans connaître la réalité. J'ai envisagé de porter plainte pour diffamation, voire calomnie, mais j'y ai renoncé, c'est pas mon truc. Mais j'avoue que je me sens blessé.» Car, lance-t-il, «nous avons dépensé 700 000 fr. d'entretien en trois ans dans cet immeuble, bien plus que les loyers encaissés.»

Il tord aussi le cou à la rumeur insistante selon laquelle l'incendie serait parti d'un tableau électrique obsolète. «Le feu a pris au premier, les tableaux étaient au rez.» D'ailleurs, «le contrôle périodique des installations électriques avait été fait, et j'ai mandaté mon électricien habituel pour faire les travaux».

La réputation de négligence que traîne la gérance Métropole est selon lui sans objet: «Depuis les années 90, nous assurons l'entretien régulier de tous nos immeubles.»

Présent mercredi soir dans la salle du Conseil général, il a assisté au débat suscité par l'interpellation urgente déposée par Daniel Musy (PS) (lire l'encadré). L'interpellateur estimait qu'«un «esprit» a régné après l'incendie dramatique de Parc 1: esprit de solidarité des citoyens et des services de la Ville envers les locataires, esprit patrimonial s'inquiétant du sort de ce bâtiment unique et emblématique de notre cité.»

Or, estimait l'interpellateur, après avoir garanti une reconstruction à l'identique, le gérant aurait donné un signal inverse en déclarant que la reconstruction à l'identique est «un peu de l'utopie.» «L'esprit serait-il hors de prix?», s'interrogeait Daniel Musy.

Sur ce point Dominique de Reynier avance des arguments factuels. «Les pierres qui ont souffert du feu ne pourront pas être réemployées, car elles sont, au sens propre, cuites. Beaucoup sont brisées ou fendues. Celles qui seraient réemployables doivent être retaillées. Pour cela il faut les envoyer dans une entreprise spécialisée. Les coûts sont énormes et le résultat pas garanti en fonction des dégâts subis.»

Bref, tout dépend ce qu'on entend par «à l'identique». Pour le gérant, on peut refaire le même immeuble, qui aura le même aspect, sans forcément reprendre les pierres récupérées. Pour d'autres, c'est insuffisant: il faut reprendre les pierres d'origine. Quel qu'en soit le coût? Et qui paiera? Pas l'Unesco, en tout cas, comme certains l'imaginent: ce n'est pas dans son mandat. Et est-ce bien raisonnable? Pour Dominique de Reynier, c'est clair: «Les exigences patrimoniales pointilleuses sont disproportionnées par rapport à un immeuble destiné à l'habitation populaire. Elles pourraient entrer en contradiction avec les exigences de proposer des loyers raisonnables.»

Le dossier n'est pas clos: Patrimoine suisse a formulé une opposition contre le projet de reconstruction déposé en juin. Elle porterait justement sur cette question de l'utilisation des pierres d'origine. Les uns et les autres devront donc prendre langue pour arriver à un accord. Des retards vont s'ensuivre, avec des risques de dégradation importants des caves de l'immeuble, craint le gérant.

 

Aucune demande de subvention n’est formulée

Auteur de l'interpellation urgente débattue mercredi soir, Daniel Musy rebondissait sur deux articles de notre journal. Dans le premier, le 10 juin, le propriétaire affirmait sa volonté de reconstruire l'immeuble «à l'identique». En août, changement de ton: «Pour le même homme, cette reconstruction à l'identique est «un peu de l'utopie». La question du coût de l'opération étant mise en avant, l'interpellation pose la question: «[le Conseil communal] est-il prêt à entrer en matière [...] sur une aide quelconque au propriétaire pour la reconstruction à l'identique?»

En l'occurrence, la question est pour le moment sans objet. «Aucune demande de subvention n'est sur la table du Conseil communal», a dit le conseiller communal Laurent Kurth. Le cas échéant, le Conseil communal n'entrerait en matière qu'une fois en possession d'informations détaillées sur les surcoûts occasionnés par la reconstruction à l'identique et sur le plan financier.

Le gérant considère cette dernière exigence comme impossible à satisfaire dans la mesure où ce type de données est par essence confidentiel. D'où sa conclusion sur ce point: «Pour moi, la réponse du Conseil communal équivaut à un refus.» Il aurait espéré, non pas une grosse subvention, mais un geste spontané qui donnerait à la Ville «l'occasion de participer autrement qu'avec des mots à la préservation du patrimoine reconnu par l'Unesco.» Autre question de l'interpellateur à l'adresse du Conseil communal: «Accorderait-il un permis de construire pour un immeuble à façade plate?» Sur ce point, Laurent Kurth a rassuré les défenseurs du patrimoine: «Les plans prévoient la reconstruction dans les mêmes volumes.»

Dominique de Reynier, lui, fait remarquer que ces plans, déposés en juin, ont pu être consultés par tous: ils montrent bien une façade ronde. LBY

Rédigé par Daniel Musy

Publié dans #Urbanisme et environnement

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