Périmètre Unesco
Publié le 26 Septembre 2007
Hier soir au Conseil général, l'arrêté fixant le périmètre Unesco de notre ville en vue de son inscription au patrimoine mondial de l'humanité a été accepté sans aucune
opposition par le Conseil général. Voici le texte de mon intervention.
On peut faire ce rêve ( I have a dream, pourrions-nous aussi dire): qu’un jour de fin juin 2009 vers 15 heures sonnent, comme elles ont sonné dans 5 villages du Lavaux le 28 juin de cette année, que ce jour sonnent les cloches du Locle et de La Chaux-de-Fonds. Sonneries à toute volée pour annoncer l’inscription de nos deux villes au Patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO. Que cet événement soit retransmis par RTN en direct ne nous ferait pas déplaisir car ce serait un événement rien moins que local et important dans le développement du Réseau urbain neuchâtelois.
Vous le comprenez, c’est avec fidélité au projet et enthousiasme que le groupe socialiste acceptera ce rapport. Il ne pose pas de complexes questions juridiques à débattre, il s’agit en quelque sorte d’une formalité. Cet excellent rapport provenant une fois de plus de l’équipe Art nouveau-UNESCO rappelle bien les objectifs de cette candidature et le sérieux qui l’anime est le signe que le crédit voté par les deux villes en septembre 2005 est judicieusement dépensé. Je peux d’ailleurs vous dire que j’ai récemment eu l’occasion de voir quelques extraits de la description urbaine contenue dans le dossier et j’ai été impressionné par l’immense travail descriptif fourni pour présenter entre autres aux experts de l’UNESCO chaque quartier des deux villes.
Sur le plan politique, nous sommes convaincus que, ce soir particulièrement, une unité entre nous doit se faire autour de cette candidature. Nous pouvons comprendre que tous les groupes ne soient pas mus, comme nous, par l’enthousiasme ; nous sollicitons néanmoins qu’une unité de bienveillance et de non-opposition se fasse jour. Dans ce dossier, contrairement à la Haute Ecole ARC, à la maternité cantonale, au Centre dramatique régional dont nous espérons parler tout à l’heure, nous sommes sans concurrence. Notre destin et la réussite du projet reposent dans les seules mains unies de nos deux villes.
Il se pourrait que trois idées fausses, sur lesquelles le rapport n’insiste peut-être pas assez, aient encore cours :
1. Le périmètre UNESCO ne met pas la ville sous cloche comme dans un musée où plus rien ne pourrait être touché. On n’est obligé à rien de plus qu’à continuer, comme cela se fait depuis 20 ans, à valoriser et entretenir le patrimoine existant. Les villes inscrites continuent de vivre et quiconque en douterait n’a qu’à faire un tour dans le centre historique de Naples : on y circule, on y rénove les bâtiments (beaucoup sont en ruine depuis des décennies), on y fait commerce, on y joue et même on s’y tire dessus. De même pour la vieille ville de Berne : elle est moins trépidante que Naples mais c’est un vrai centre urbain moderne de notre siècle.
2. La candidature UNESCO est différente d’une candidature aux Jeux olympiques où la ville choisie est obligée d’investir massivement dans des infrastructures coûteuses ; dans notre cas, nous n’organisons rien, nous nous battons pour recevoir une distinction.
3. Les villes retenues et inscrites à l’UNESCO peuvent ne pas l’être éternellement et rien ne les empêche de renoncer à l’inscription si elles veulent tout d’un coup bousiller leur patrimoine. Si la ville de Dresde veut prochainement construire son nouveau pont sur l’Elbe qui défigurera le paysage urbain, elle est libre de le faire comme l’UNESCO est libre de lui retirer l’inscription.
Donc l’inscription au patrimoine mondial ne nous amènera rien de négatif : on a tout à gagner et rien à perdre, surtout pas notre pouvoir de décision.
Nous aimerions insister sur les retombées touristiques et économiques significatives qui seront bien plus que des broutilles. Songeons au succès touristique de l’année Art nouveau, allez voir à Bellinzone par exemple le nombre de touristes de tous les continents qui escaladent, même sous la pluie, les escaliers qui mènent aux trois châteaux. Jetez un œil sur ce qui s’est passé ce week end dans le vignoble de Lavaux où 150 représentants de la presse internationale spécialisée dans le voyage et venus d’une trentaine de pays ont été accueillis. Le journal 24 heures signalait « que cette grosse opération de promotion a déjà commencé à déployer ses effets : deux pages pleines dans le journal français à gros tirage Le Parisien. Et les publications s’étaleront sur les neuf prochains mois, sur quatre continents. » Il est donc pour nous incontestable, comme nous le disions ici même le 23 mai 2005, qu’il y a un lien entre le développement culturel d’une région et son potentiel économique. Les retombées ne seront pas exorbitantes mais il faut considérer qu’il y a aujourd’hui dans le monde des dizaines de milliers de touristes qui « font » les villes UNESCO comme on dit. Ce n’est pas là du vent mais une réalité.
Nous terminerons notre intervention par une série de questions :
a) d’abord, une précision sur l’absence dans le périmètre de l’ancienne Ecole de commerce, bâtiment significatif du patrimoine horloger puisque nombre de patrons et d’employés de l’horlogerie s’y sont formés. Pourquoi ?
b) deuxième préoccupation : les Conseils communaux évaluent-ils le risque qu’on reçoive en 2009 le titre et qu’on ait que peu de choses, en matière d’accueil, d’informations culturelles et de mise en contexte de ce patrimoine, qu’on ait vraiment peu de choses à offrir aux visiteurs ? C’est d’ailleurs aussi une des raisons de notre motion que nous défendrons peut-être tout à l’heure si nous noss dépêchons, ce que je vais faire.
c) Les liens avec les différents partenaires de la candidature sont-ils bons ?
- liens avec l’industrie horlogère
- liens avec les milieux immobiliers
- liens avec le canton, en particulier dans le type de soutien qu’il nous accorde
- liens avec la ville du Locle ; veillons en particulier qu’en plus de sa conseillère communale, un responsable de l’urbanisme loclois soit membre du comité de pilotage ; ne serait-il pas temps de songer à court terme à une fusion des deux services, plébiscitée d’ailleurs par 57% des Loclois dans un récent sondage ?
- liens avec nos concitoyens. En septembre 2005, nous avions souligné qu’il fallait rendre visible cette candidature. La pose de deux panneaux sur le nouveau tronçon de la H20 est une bonne idée. Quels sont les autres projets envisagés pendant l’année cruciale 2008 où viendront les experts de l’UNESCO ?
En conclusion, pour ces experts de l’UNESCO, il doit y avoir un lien entre la préservation du site et la sensibilisation de la population à cette préservation. Comme élus de cette population c’est d’abord notre responsabilité, que nous soyons un peu réservés ou enthousiastes, d’encourager et de stimuler les efforts entrepris depuis plusieurs années. Le oui sans failles du parti socialiste ce soir y contribue une fois de plus.
On peut faire ce rêve ( I have a dream, pourrions-nous aussi dire): qu’un jour de fin juin 2009 vers 15 heures sonnent, comme elles ont sonné dans 5 villages du Lavaux le 28 juin de cette année, que ce jour sonnent les cloches du Locle et de La Chaux-de-Fonds. Sonneries à toute volée pour annoncer l’inscription de nos deux villes au Patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO. Que cet événement soit retransmis par RTN en direct ne nous ferait pas déplaisir car ce serait un événement rien moins que local et important dans le développement du Réseau urbain neuchâtelois.
Vous le comprenez, c’est avec fidélité au projet et enthousiasme que le groupe socialiste acceptera ce rapport. Il ne pose pas de complexes questions juridiques à débattre, il s’agit en quelque sorte d’une formalité. Cet excellent rapport provenant une fois de plus de l’équipe Art nouveau-UNESCO rappelle bien les objectifs de cette candidature et le sérieux qui l’anime est le signe que le crédit voté par les deux villes en septembre 2005 est judicieusement dépensé. Je peux d’ailleurs vous dire que j’ai récemment eu l’occasion de voir quelques extraits de la description urbaine contenue dans le dossier et j’ai été impressionné par l’immense travail descriptif fourni pour présenter entre autres aux experts de l’UNESCO chaque quartier des deux villes.
Sur le plan politique, nous sommes convaincus que, ce soir particulièrement, une unité entre nous doit se faire autour de cette candidature. Nous pouvons comprendre que tous les groupes ne soient pas mus, comme nous, par l’enthousiasme ; nous sollicitons néanmoins qu’une unité de bienveillance et de non-opposition se fasse jour. Dans ce dossier, contrairement à la Haute Ecole ARC, à la maternité cantonale, au Centre dramatique régional dont nous espérons parler tout à l’heure, nous sommes sans concurrence. Notre destin et la réussite du projet reposent dans les seules mains unies de nos deux villes.
Il se pourrait que trois idées fausses, sur lesquelles le rapport n’insiste peut-être pas assez, aient encore cours :
1. Le périmètre UNESCO ne met pas la ville sous cloche comme dans un musée où plus rien ne pourrait être touché. On n’est obligé à rien de plus qu’à continuer, comme cela se fait depuis 20 ans, à valoriser et entretenir le patrimoine existant. Les villes inscrites continuent de vivre et quiconque en douterait n’a qu’à faire un tour dans le centre historique de Naples : on y circule, on y rénove les bâtiments (beaucoup sont en ruine depuis des décennies), on y fait commerce, on y joue et même on s’y tire dessus. De même pour la vieille ville de Berne : elle est moins trépidante que Naples mais c’est un vrai centre urbain moderne de notre siècle.
2. La candidature UNESCO est différente d’une candidature aux Jeux olympiques où la ville choisie est obligée d’investir massivement dans des infrastructures coûteuses ; dans notre cas, nous n’organisons rien, nous nous battons pour recevoir une distinction.
3. Les villes retenues et inscrites à l’UNESCO peuvent ne pas l’être éternellement et rien ne les empêche de renoncer à l’inscription si elles veulent tout d’un coup bousiller leur patrimoine. Si la ville de Dresde veut prochainement construire son nouveau pont sur l’Elbe qui défigurera le paysage urbain, elle est libre de le faire comme l’UNESCO est libre de lui retirer l’inscription.
Donc l’inscription au patrimoine mondial ne nous amènera rien de négatif : on a tout à gagner et rien à perdre, surtout pas notre pouvoir de décision.
Nous aimerions insister sur les retombées touristiques et économiques significatives qui seront bien plus que des broutilles. Songeons au succès touristique de l’année Art nouveau, allez voir à Bellinzone par exemple le nombre de touristes de tous les continents qui escaladent, même sous la pluie, les escaliers qui mènent aux trois châteaux. Jetez un œil sur ce qui s’est passé ce week end dans le vignoble de Lavaux où 150 représentants de la presse internationale spécialisée dans le voyage et venus d’une trentaine de pays ont été accueillis. Le journal 24 heures signalait « que cette grosse opération de promotion a déjà commencé à déployer ses effets : deux pages pleines dans le journal français à gros tirage Le Parisien. Et les publications s’étaleront sur les neuf prochains mois, sur quatre continents. » Il est donc pour nous incontestable, comme nous le disions ici même le 23 mai 2005, qu’il y a un lien entre le développement culturel d’une région et son potentiel économique. Les retombées ne seront pas exorbitantes mais il faut considérer qu’il y a aujourd’hui dans le monde des dizaines de milliers de touristes qui « font » les villes UNESCO comme on dit. Ce n’est pas là du vent mais une réalité.
Nous terminerons notre intervention par une série de questions :
a) d’abord, une précision sur l’absence dans le périmètre de l’ancienne Ecole de commerce, bâtiment significatif du patrimoine horloger puisque nombre de patrons et d’employés de l’horlogerie s’y sont formés. Pourquoi ?
b) deuxième préoccupation : les Conseils communaux évaluent-ils le risque qu’on reçoive en 2009 le titre et qu’on ait que peu de choses, en matière d’accueil, d’informations culturelles et de mise en contexte de ce patrimoine, qu’on ait vraiment peu de choses à offrir aux visiteurs ? C’est d’ailleurs aussi une des raisons de notre motion que nous défendrons peut-être tout à l’heure si nous noss dépêchons, ce que je vais faire.
c) Les liens avec les différents partenaires de la candidature sont-ils bons ?
- liens avec l’industrie horlogère
- liens avec les milieux immobiliers
- liens avec le canton, en particulier dans le type de soutien qu’il nous accorde
- liens avec la ville du Locle ; veillons en particulier qu’en plus de sa conseillère communale, un responsable de l’urbanisme loclois soit membre du comité de pilotage ; ne serait-il pas temps de songer à court terme à une fusion des deux services, plébiscitée d’ailleurs par 57% des Loclois dans un récent sondage ?
- liens avec nos concitoyens. En septembre 2005, nous avions souligné qu’il fallait rendre visible cette candidature. La pose de deux panneaux sur le nouveau tronçon de la H20 est une bonne idée. Quels sont les autres projets envisagés pendant l’année cruciale 2008 où viendront les experts de l’UNESCO ?
En conclusion, pour ces experts de l’UNESCO, il doit y avoir un lien entre la préservation du site et la sensibilisation de la population à cette préservation. Comme élus de cette population c’est d’abord notre responsabilité, que nous soyons un peu réservés ou enthousiastes, d’encourager et de stimuler les efforts entrepris depuis plusieurs années. Le oui sans failles du parti socialiste ce soir y contribue une fois de plus.