Les arbres du POD

Publié le 22 Novembre 2007

Mon ami Peter Wullschleger a récemment pris une position publique pour rendre attentives les autorités à l'erreur que serait le non replantage de tous les arbres du POD vers Espacité.  Voici son texte, suivi de l'article de l'Impartial sur le sujet et de mon intervention de juin 2007 au Conseil général.

Il ne sera jamais question pour moi de voter un seul centime de crédit pour un projet qui mutilerait ainsi  la colonne vertébrale de la ville.

Texte de Wullschleger
Les arbres de la colonne vertébrale urbanistique de la ville ont été plantés à la fin du 19ème siècle dans le but le marquer le passage au 20ème et la prospérité de la ville par un geste urbanistique unique en Suisse. Ayant atteint un age critique, les arbres sont remplacés depuis 3 ans par étapes. Le fait, de voir le « Pod » partiellement dénudé a donné des ailes à la fantaisie urbanistique des autorités communales.
Ainsi elles ont saisi l’opportunité à court terme pour réfléchir sur les possibilités d’améliorer une situation à leur avis insatisfaisante au centre ville. Concrètement, les autorités songent à ne pas replanter la première portion du Pod dans son intégralité et à laisser une grande ouverture au niveau d’Espacité, cela dans le but de mettre en valeur et de rendre plus attractif l’espace de la place Le Corbusier, crée au début des années 1990.
Or, les érables du « Pod » ne sont pas une rangée d’arbres quelconque, mais tout simplement l’élément urbanistique le plus important de la ville et un patrimoine historique et urbanistique d’importance nationale. Ce que la ville est en train de faire c’est, ni plus et ni moins, mutiler ce patrimoine en voulant améliorer un espace urbain de qualité douteuse, pour ne pas dire une erreur urbanistique, que présente la place Le Corbusier. Justifier une erreur urbanistique par une autre est un phénomène connu ici et ailleurs, mais qui reste malgré tout absurde et pervers.  Sacrifier ces arbres et mutiler gravement ce patrimoine de qualité extraordinaire est un acte irrespectueux, irresponsable pour ne pas dire barbare.
Les autorités ne semblent pas seulement ignorer totalement les qualités et l’importance de ce patrimoine. Elles ne se rendent pas compte que leurs idées et leur manque de conscience et de respect nuissent gravement à la candidature La Chaux-de-Fonds/Le Locle pour l’inscription au patrimoine mondial culturel de l’UNESCO.

Article de l'Impartial du 22 novembre
Au créneau pour sauver les érables du Pod
Les érables du début du Pod seront replantés. Mais pas forcément tous. L'option de laisser ouvert un tronçon de 50 mètres fait réagir un architecte paysagiste. Qui n'est pas tout seul à vouloir préserver intégralement la «colonne vertébrale» de La Chaux-de-Fonds.

Début novembre, la Ville annonçait que les vieux érables du trottoir central de l'avenue Léopold-Robert, abattus sur 200 mètres, seront replantés. Le Conseil communal abandonnait une variante d'aménagement qui les supprimait. Les rumeurs autour de cette esquisse avaient fait, selon le conseiller communal responsable de l'urbanisme Laurent Kurth lui-même, «beaucoup de bruit».

Les arbres seront donc replantés d'ici au printemps, sauf à la hauteur d'Espacité. Cette nouvelle option - présentée au conditionnel - pourrait «permettre le prolongement de la place sur l'avenue».

La petite phrase n'a pas échappé à Peter Wullschleger, un architecte-paysagiste argovien installé à La Chaux-de-Fonds depuis 18 ans. Ce professionnel très attaché à sa ville d'adoption y voit une nouvelle tentative de créer autour d'Espacité un centre-ville ponctuel. Malheureusement, l'option dénaturerait la «colonne vertébrale» de la ville, son Pod et ses érables plantés en 1888 en même temps qu'on inaugurait la Fontaine monumentale dans un énorme élan progressiste. «Tous les urbanistes nous envient notre centre linéaire unique en Suisse», martèle l'architecte pour réveiller les consciences. «C'est comme si un chirurgien parlait d'enlever quelques vertèbres à la veille d'une opération à la colonne vertébrale!»


Mon intervention au Conseil général en juin 2007
Nous disons ensuite fermement au Conseil communal que tous ses autres projets n’ont de chance d’aboutir que si une large concertation a lieu, d’abord entre les partis politiques mais aussi avec les riverains et les citoyens. L’espace d’une ville appartient à ceux qui y vivent et transcende les clivages politiques. Jamais on ne pourra imposer un remodèlement du début du Pod amputé de ses arbres sans un large consensus. Prenez-y garde et réfléchissez bien. Le Pod est la colonne vertébrale du transit routier de notre ville et il doit peut-être le rester. C’est à discuter mais ce n’est jamais à imposer. Sinon, c’est l’échec comme la mésaventure du dernier projet de zone de rencontres.
 

Rédigé par Daniel Musy

Publié dans #Réflexions générales

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