Le Constable : une oeuvre ou un objet marchand ?

Publié le 23 Avril 2008

Dans les futures négociations qui s'engageront entre le Conseil communal et Alain Monteagle, il faudra en priorité se demander si on veut restituer une oeuvre ou un simple objet marchand. Une oeuvre a une vie éthique, un monde à soi, un simple objet non.

Monteagle le déclare dans l'émission, ce qui l'intéresse est de récupérer les oeuvres spoliées à sa famille pour les vendre et en tirer bénéfice. Oui, mais avec qui? Sûrement avec Christie's, la célèbre maison de vente aux enchères qui se sucre de 30% des ventes.

Il est pour moi exclu de restituer ce tableau sans négocier dans l'avantage du Constable, de sa vie propre.

Je vois pour l'instant trois pistes qui présupposent qu'on fasse expertiser le tableau pour déterminer sa valeur actuelle sur le marché de l'art. Ainsi au lieu de le rendre à Monteagle, on pourrait dédommager celui-ci en fonction de la valeur de l'oeuvre et des soins que depuis 20 ans le MBA (Musée des beaux-arts) a pris pour la restaurer et la mettre en valeur. Nous pourrions donc soit :


a) la garder au MBA en trouvant des fonds publics et privés;

b) la vendre à un musée anglais comme la Tate Gallery qui donnerait l'assurance que l'oeuvre vivrait aux côtés d'autres du peintre;

c) la vendre à un collectionneur ou une fondation qui la laisseraient en dépôt au MBA.

A partir de ces bases de discussion, nous devons nous persuader que nous avons le temps pour nous et les bonnes cartes dans notre jeu.

Ces questions doivent être maintenant posées sur la place publique de façon sereine mais déterminée. La balle est dans le camp du Conseil communal, des éluEs et de la commission du MBA avec deux écueils à éviter : l'arrogance qui pourrait être prise pour de l'antisémitisme et le sentiment de culpabilité qui pourrait nous conduire à céder devant toutes les requêtes sans contrepartie.

Rédigé par Daniel Musy

Publié dans #Culture

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T
Des réflexions fort pertinentes! En effet, la redonner san contrepartie par culpabilité n'est pas la chose à faire, tout comme rester de marbre devant la vie réelle de cette oeuvre (volée par les nazis)... Tes idées m'apparaissent fort intéressantes pour éviter de donner de l'argent à tous les intermédiaires intéressés par la seule valeur marchande de l'oeuvre.<br /> N'oublions pas que cette oeuvre à deux histoires : celle qui nous rattrappe aujourd'hui et celle propre à la collection Junod qui fait référence au monde industriel éclairé de notre ville... On pourrait ainsi couper l'oeuvre en deux?! Ou, la dédoubler?! La copier?!
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C
Oups,DésoléQuand le ver est dans le fruit...
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C
Bonjour,J'apprécie énormément votre approche philosophique dans ce problème difficile. Si le reportage n'est pas défavorable à la ville, c'est tout simplement que l'on n'en parle pas. Il s'agit d'un musée en Suisse.J'espère tout simplement, que contrairement aux affirmations de M. Monteagle, le Conseil communal ait répondu aux courriers de celui-ci. Au vu de la méthode de filmage inadmissible, je croirais plus volontiers le Conseil communal. Mais quand le verre est dans le fruit...Merci pour le temps que vous consacrez à votre blog.Bonne fin de campagne.Claude Dubois (collègue lors des CG communs CDF-LL). 
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