Les contorsions des libéraux
Publié le 22 Février 2007
L’Impartial d’aujourd’hui parle du dangereux « grand écart libéral », à propos du soutien que ce parti accorde à l’UDC pour le lancement du referendum contre l’éligibilité des étrangers au plan communal. Cela nous rapporte à mon billet du 29 janvier sur les valeurs de droite communes à la gauche.
Le parti libéral est dans une crise complète de valeurs, phagocyté qu’il est par l’UDC. Il n'a pas déjà assez perdu lors des derniers scrutins et fait ainsi le lit du parti blochérien qui doit voir ces allégeances avec délectation. Cela donne aussi de l'espace pour un vrai parti centriste, à la Bayrou, dans le canton. Les radicaux ? Sûrement plus, les démocrates-chrétiens, peut-être, les socialistes style Matthey-Augsburger-Kurth-Studer-Soguel-Ory, c'est déjà fait depuis longtemps et cela marche plutôt bien (centre-gauche, je veux dire !)
Dans son assemblée de la semaine passée, 17 membres du parti libéral ont refusé l’apparentement avec l’UDC contre 69 qui l’ont approuvé. On peut accepter le raisonnement mathématique de la nécessité de rassembler le plus de voix possible à droite.
Mais le soutien au referendum accompagné de contorsionnements fumeux ainsi que les déclarations de Sylvie Perrinjaquet sont bien plus intéressants : ils figurent que pour la majorité de ce parti, la « valeur culturelle » et la « valeur politique » se bradent sur l’autel du pur calcul électoral.
a) les contorsionnements, mis en avant par l’Impartial d’aujourd’hui, consistent à soutenir la récolte des signatures sans forcément soutenir le contenu. Celui-ci n’est pas anodin, il est même essentiel puisqu’il définit notre position culturelle sur le rôle des étrangers dans la communauté citoyenne. (« on ne peut pas préjuger du mot d’ordre que nous donnerons si le referendum aboutit »), dit le vice-président Bauer, dont les méandres rhétoriques récents l’ont fait battre par Pierre Bonhôte à l'élection complémentaire au Conseil des Etats. Il est vrai que ce monsieur représente après Jean-François Aubert et d'autres anciens grands esprits la relève des libéraux avec Sylvie Perrinjaquet.
b) Voici ce que dit cette dernière, ma supérieure hiérarchique, au Temps, lundi :
Vos collègues Fernand Cuche et Jean Studer ont renoncé à leur mandat à Berne suite à leur élection au Conseil d’Etat. Cet exemple ne vous a pas fait réfléchir ?
Ils arrivaient au Conseil d’Etat. Ils devaient prendre leurs marques, prendre connaissance des dossiers. Au DECS, je me trouve dans une situation plus facile qu’il y a quelques mois. Tous les dossiers importants sont en route. Je ne suis plus dans une période de nouveauté. A Berne, je pourrai renforcer l’effort concernant des dossiers clés comme l’avenir de la formation professionnelle et des Hautes écoles.
L’arrogance et la désinvolture bien connues de la ministre (dont j’ai déjà parlé dans ce blog le 9 février) s’affichent ici en toute décontraction. Pour elle, le travail politique de ministre de la République (en pleine tourmente de communication avec la population) peut s’accomoder avec le travail à 70% d’un Conseiller aux Etats. Il faut savoir que pour cause de surcharge de travail, et c'est bien compréhensible, Madame Perrinjaquet ne peut assister à toutes les séances de commissions cantonales et intercantonales qu’elle préside ou dont elle fait partie.
La photo (Le Temps, 19 février) parle d'elle-même : une ministe fatiguée et voûtée devant le vide blanc d'une hauteur accablante : c'est la relève libérale !
Il est proprement impossible d’assumer une charge de Conseiller aux Etats et de Conseiller d’Etat, comme il est d’ailleurs difficile de cumuler les mandats de conseiller communal d’une ville et de conseiller national : c’est pourquoi je suis contre le cumul des mandats, comme le PS d’ailleurs, sauf encore cette fois pour V. Garbani et D. Berberat, ancienneté oblige, mais jusqu'en 2009 seulement, année où ils devront choisir entre leurs éventuels deux mandats.
Le parti libéral est dans une crise complète de valeurs, phagocyté qu’il est par l’UDC. Il n'a pas déjà assez perdu lors des derniers scrutins et fait ainsi le lit du parti blochérien qui doit voir ces allégeances avec délectation. Cela donne aussi de l'espace pour un vrai parti centriste, à la Bayrou, dans le canton. Les radicaux ? Sûrement plus, les démocrates-chrétiens, peut-être, les socialistes style Matthey-Augsburger-Kurth-Studer-Soguel-Ory, c'est déjà fait depuis longtemps et cela marche plutôt bien (centre-gauche, je veux dire !)
Dans son assemblée de la semaine passée, 17 membres du parti libéral ont refusé l’apparentement avec l’UDC contre 69 qui l’ont approuvé. On peut accepter le raisonnement mathématique de la nécessité de rassembler le plus de voix possible à droite.
Mais le soutien au referendum accompagné de contorsionnements fumeux ainsi que les déclarations de Sylvie Perrinjaquet sont bien plus intéressants : ils figurent que pour la majorité de ce parti, la « valeur culturelle » et la « valeur politique » se bradent sur l’autel du pur calcul électoral.
a) les contorsionnements, mis en avant par l’Impartial d’aujourd’hui, consistent à soutenir la récolte des signatures sans forcément soutenir le contenu. Celui-ci n’est pas anodin, il est même essentiel puisqu’il définit notre position culturelle sur le rôle des étrangers dans la communauté citoyenne. (« on ne peut pas préjuger du mot d’ordre que nous donnerons si le referendum aboutit »), dit le vice-président Bauer, dont les méandres rhétoriques récents l’ont fait battre par Pierre Bonhôte à l'élection complémentaire au Conseil des Etats. Il est vrai que ce monsieur représente après Jean-François Aubert et d'autres anciens grands esprits la relève des libéraux avec Sylvie Perrinjaquet.
b) Voici ce que dit cette dernière, ma supérieure hiérarchique, au Temps, lundi :
Vos collègues Fernand Cuche et Jean Studer ont renoncé à leur mandat à Berne suite à leur élection au Conseil d’Etat. Cet exemple ne vous a pas fait réfléchir ?
Ils arrivaient au Conseil d’Etat. Ils devaient prendre leurs marques, prendre connaissance des dossiers. Au DECS, je me trouve dans une situation plus facile qu’il y a quelques mois. Tous les dossiers importants sont en route. Je ne suis plus dans une période de nouveauté. A Berne, je pourrai renforcer l’effort concernant des dossiers clés comme l’avenir de la formation professionnelle et des Hautes écoles.
L’arrogance et la désinvolture bien connues de la ministre (dont j’ai déjà parlé dans ce blog le 9 février) s’affichent ici en toute décontraction. Pour elle, le travail politique de ministre de la République (en pleine tourmente de communication avec la population) peut s’accomoder avec le travail à 70% d’un Conseiller aux Etats. Il faut savoir que pour cause de surcharge de travail, et c'est bien compréhensible, Madame Perrinjaquet ne peut assister à toutes les séances de commissions cantonales et intercantonales qu’elle préside ou dont elle fait partie.
La photo (Le Temps, 19 février) parle d'elle-même : une ministe fatiguée et voûtée devant le vide blanc d'une hauteur accablante : c'est la relève libérale !Il est proprement impossible d’assumer une charge de Conseiller aux Etats et de Conseiller d’Etat, comme il est d’ailleurs difficile de cumuler les mandats de conseiller communal d’une ville et de conseiller national : c’est pourquoi je suis contre le cumul des mandats, comme le PS d’ailleurs, sauf encore cette fois pour V. Garbani et D. Berberat, ancienneté oblige, mais jusqu'en 2009 seulement, année où ils devront choisir entre leurs éventuels deux mandats.